Foire de Marseille.

Publié le 21 Octobre 2013

Aujourd'hui, il suffit de défendre la culture pour se sentir du bon côté : critiquer la mondialisation en mâchouillant un bâtonnet bio ; visiter un musée en s'extasiant devant une modernité bétonnée ; organiser une sortie théâtrale entre abonnés... Encore faut-il définir quelle culture. Celle, par exemple, qui récompense une entreprise de sécurité pour l'animation artistique qu'elle donne aux mineurs sans papiers qu'elle incarcère ? ou bien encore, celle qui célèbre "l'exception" d'une année marseillaise pendant qu'on expulse les habitants de la ville ?

Réponse le mardi 22 octobre 20 H30 à l'Ostau dau País Marselhés, 5 rue des Trois mages 13001 Marseille pour une présentation du livre et de la pièce Baraque de Foire en présence de l'auteur (lectures, rencontres & débat)

Baraque de Foire (éditions l'Atinoir) de Jeremy Beschon
 

Introduction de Alèssi Dell'Umbria :

(...) L’occupation de l’espace urbain et suburbain par des oeuvres et des performances est bien un acte de guerre. Les artistes sont chargés de parachever l’oeuvre de la police. “Faire de l’espace public le contexte, le prétexte, le texte de la création artistique” affichent de leur côté les cuistres de “Lieux publics”. Profitez bien, avant que nous ne reprenions la rue…

On se dira que de toutes façons, il est bien difficile de faire une expérience sensible et intelligible dans cet univers métropolitain où chacun est pris en charge par des dispositifs qui le dispensent de se risquer. C’est vrai, et la culture fait à présent partie intégrante de ces dispositifs. Qui a eu le malheur de voir sa ville proclamée une année durant “capitale européenne de la culture” en sait quelque chose.

Ceux qui habitent leur monde n’ont pas besoin d’être cultivés. Nous, nous contentons de traverser en état d’absence une suite de non-lieux et d’assister à une série de pseudos-événements. Notre présence au monde, quand elle arrive, est de toutes façons trop douloureuse – nous sommes alors comme ces employés de France Télécom quelques secondes avant qu’ils ne se jettent par la fenêtre.

Nous pensons que la culture, à notre époque, a principalement pour fonction de s’interposer entre nous et le monde, de tout mettre à distance, dans cette mise en perspective qui ne débouche jamais que sur du vide. Voilà sa véritable fonction politique.

Comme disait un romantique allemand, l’homme habite le monde en poète. Et nous savons à présent que ni la culture ni l’art ne pourront plus nous soulager de l’incapacité dans laquelle nous sommes d’habiter, en ce monde.


extraits et critiques du livre <http://manifesterien.over-blog.com/article-le-malheur-de-voir-sa-ville-capitale-europeenne-de-la-culture-119909242.html>

Rédigé par Louise Mitchell

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Zorglub 28/10/2013 08:31

Dans Accents, torchon du Conseil général des Bouches du Rhône, on peut lire ce que dit Pierre Sauvageot: ...avec Marseille-provence 2013...c'est l'occasion de faire partager au plus grand nombre dix années de travail avec vingt partenaires à travers l'Europe, de capitaliser les liens tissés avec des espaces urbains...." Je vous passe le foutra culturo langagier qui vient après et vous invite à juste analyser les mots employés dans cette phrase.