Tyrannie de l 'évaluation.

Publié le 30 Octobre 2013

 

« Quand on prépare un coup de Jarnac, on trouve toujours des mots nouveaux. » déclame Gabin citant Audiard. Logique de compétences, montez en compétences, formation de compétences, voilà un florilège de concepts empruntés au New Public Management. Derrière ces mots se profile une tyrannie de l’évaluation dont nous entretien l’autrice, enseignante proche de Miguel Benasayag, qui démontre d’abord comment elle s’applique dans les domaines réservés au bien commun. Elle interroge la méritocratie qui fait qu’une femme de ménage est moins payée qu’un chef d’entreprise, rappelle les conflits de loyauté qui font souffrir les agents de Pole emploi  radiant les chômeurs, à l’heure où l’un d’eux vient de s’immoler. Le management introduit dans toute la fonction publique par la qualité totale cache une quantité totale. Le Benchmarking qui est la gestion de la qualité par comparaison avec d’autres entreprises, oblige ainsi des enseignants à rédiger des fiches d’évaluations au lieu d’enseigner. Tandis qu’une bureaucratie en remplace une autre, on peut désormais entendre cela : « Quelle est votre valeur ajoutée ?» demande un inspecteur à l’administration d’un établissement scolaire. Evaluer tue, estime Angelique del Rey. 

 

La tyrannie de l’évaluation, Angélique del Rey, La découverte, Paris, 2013, 145p, 14 euros.

Rédigé par Louise Mitchell

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