Pas dans le cul aujourd'hui.

Publié le 12 Décembre 2014

C’est une lettre d’amour. Une lettre d’amour à un homme. A tout ce qu’il est. Pas seulement son corps dont Honza ne nous cache rien. Non c’est une manière d’engloutir un être. De l’aimer et de le faire rentrer en soi. Philosophie du sexe et sexualité à visage humain, Jana rentre à pleines voiles dans son désir : « Je veux passer des heures à bavasser pour pouvoir coucher avec toi et je veux baiser avec toi pour parvenir à ces heures de discussion… »

Elle prévient que si tout est perdu alors, « Je déguerpirais pour épouser un ingénieur commercial possédant une Spartak Skoda parce qu’alors il n’y aura plus aucune différence. » désirant une absolue communion, une appartenance totale à l’autre. Avec ses mots crus Jana cerna aspire à une dévastation sexuelle et amoureuse, un avalement, une cure de sperme qui soit philosophique. Proto féministe et érotique, elle écrit au début des années 60 dans Prague qui connaitra alors un chambardement sans précèdent, justement dans l’usine Skoda de Plzen où des conseils ouvriers virent le jour prônant l’autogestion. De l’autogestion généralisée à l’amour général, il n’y eut qu’un pas.

Pas dans le cul aujourd’hui, Jana Cerna, Traduit du tchèque par Barbora Faure, éditions La contre allée, Lille, 92 pages, 8,5 euros.

Rédigé par Louise Mitchell

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