Passés par la case Prison.

Publié le 29 Septembre 2015

Dans quelle monnaie les prisonniers paient-ils leur dette ? En temps de vie. En intégrité physique et émotionnelle. Et, dans les prisons de femmes, c’est l’outil le plus vicieux qu’on puisse imaginer, en privation de liberté. C’est la double peine : les enfants prennent aussi cher que les parents. Sylvie me parle longuement du parloir avec les enfants, de ce qui est prévu par la loi, de ce qui se passe réellement. C’est, de toute évidence, pour elle, ce qui était le plus difficile à vivre. « Le plus dur c’était l’alimentation. Les premiers mois, je ne pouvais pas manger. Rien. Ca vient des enfants. On ne peut pas manger quand on est séparé de ses petits. »

 

Entretien entre Virginie Despentes et Sylvie Piciotti in Passés par la case prison, OIP, avec les textes de O. Brunhes, Philippe Claudel, Marie Darrieussecq, Virginie Despentes, Nancy Huston…, La Découverte, Paris, 2014, 17 euros.

Rédigé par Louise Mitchell

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