Social bougnat.

Publié le 17 Mai 2016

Socialiste bougnat.

L’Auvergne est du point de vue électoral et seulement de ce point de vue, une terre de gauche. Jusqu’à la victoire du maire du Puy en Velay, Laurent Wauquiez, ( LR) on pouvait encore le dire sans bouffissure car elle résistait même aux scores nationaux du FN. La conversion totale au libéralisme du Parti Socialiste a poussé l’électeur bougnat à chercher dans des couleurs plus bleues des espoirs nouveaux. Et entre Wauquiez et le FN il y a l’épaisseur d’un Saint Nectaire et la même odeur.

Clermont-Ferrand, l’ex capitale régionale dépouillée par la réforme territoriale a longtemps été dirigé par un maire camusien. Roger Quilliot, adepte de l’auteur de l’Homme Révolté, l’était aussi du logement social et du Tout voiture. Il a fidèlement confondu politique de la ville et volonté de la famille Michelin, qui tenait la ville dans sa main. C’était bien normal : c’est elle qui l’avait faite. La Région juste et grande, elle, s’est juste fait dépouillée mais en grand. Sous la mandature de Roger Quilliot, on expulsa les pauvres du centre ville et on détruisait les vieux quartiers de la ville. A l’époque on ne parlait pas de gentrification, mais de réhabilitation : Les socialistes ont donc bousillé tout le centre ancien et ont créé des pénétrantes pour l’automobile.

Au Conseil général comme Régional, les majorités socialistes ont voté pendant des années pour un programme hautement écologique en soutenant Michelin, Volvic ou Limagrain et ses filiales pro OGM par des subventions. Sous la présidence de Serge Godard, ex maire de Clermont-Ferrand, un incinérateur aux portes de la ville a vu le jour. Les élus Ecolos et Front de Gauche après des années de combat anti incinérateur ont appelé contre quelques misérables postes, en 2014 à voter Olivier Bianchi, (PS) pour endiguer la progression du Front National. Le maire actuel s’était fait du galon pendant le mouvement anti CIP en freinant les ardeurs révolutionnaires de la jeunesse. Il présidait alors l ‘UNEF, syndicat socialo au manettes à la fac.

Du coté du C.G, Jean Yves Gouttebel restera dans l’Histoire comme celui qui a installé un tramway pour gravir le Puy de Dôme. Il déraille le jour de son ouverture.

Depuis Vercingétorix, les socialistes accompagnent tranquillement le progrès social et le capitalisme privé dans le Puy de Dôme. Reste à Wauquiez, toujours en veste rouge et prés d’une vache, à entretenir au pays du charbon l’envie de travailler pour le bien des entreprises. Il a peu à faire.

L’an dernier le vieux hibou, François Michelin partait vers les cieux. Toute la ville communiait avec la sainte famille Michelin. Les salariés du groupe disaient de lui qui cultivait une image d’homme humble « C’était pas un patron c’était un ami. » Les autres, morts de l’amiante ne sont plus là pour le remercier. Jean Pierre Serezat, syndicaliste, et « pisse vinaigre » rendait lui hommage aux licenciés abusifs, économiques, et à tous ceux qui sont morts de maladies professionnelles. Il était bloqué dans sa carrière car considéré comme un ennemi de l’intérieur, un terroriste : Sa fiche disait : « Ne respecte pas les valeurs de l’entreprise » Pas socialiste.

Rédigé par Louise Mitchell

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