La fièvre jaune.

Publié le 14 Novembre 2020

La Fièvre. Aude Lancelin. Roman, Les Liens qui Libèrent. 2020, 20 euros, 281 pages.

 

C’est un beau roman, c’est une belle histoire que nous raconte l’ancienne patronne du Média. Pendant l’hiver le plus insurrectionnel depuis 50 ans, Aude Lancelin tenait le micro du Media. Contrairement aux médias de gauche habituels qui n’ont compris le mouvement des Gilets Jaunes que tardivement, le Media s’est plutôt bien distingué avec la Presse Quotidienne Regionale pour raconter le peuple sur les ronds points. En racontant la montée à Paris et l’arrestation d’un Gilet jaune creusois, Aude Lancelin raconte l’aventure incroyable de milliers de femmes et d’hommes qui sont allés braver le pouvoir dans ses plus beaux quartiers. Là bas, dés 4H 40 du matin, sous une pluie de lacrymogènes, ils ont répliqué pendant plusieurs samedis à la guerre de l’Etat contre ses sujets. Ils auront pris l’Arc de triomphe, mis en déroute la police, les ayant fait reculer car emplis d’espoir contre l’oligarchie, ils ont cru tout possible.
Aude Lancelin raconte en parallèle la vie d’un de ces journalistes parisiens, poseurs de gauche, féru de philosophie, dont l’existence va être chamboulé par ce mouvement révolutionnaire. Il règle des comptes avec toute l’élite parisienne qui a vomi sur ce mouvement qualifié d’extrême droite. Il raconte avec ses sources les hésitations de l’Etat major français qui ne sait plus s’il va obéir. Mais est ce que les forces de police n’ont pas faibli par manque de croyance et par un affaiblissement consécutif à quatre années de bataille dans les rues, plus apaisées certes mais qui ont miné les troupes ? Elle cache à peine les noms de ses personnages qu’on reconnaitra aisément, tels Laurent Bourdin, contraction possible de deux vedettes de la désinformation quotidienne. On reconnaitra aussi Eric Hazan dont on sent l’estime qu’elle lui porte autant que le dédain qu’elle distribue autour de cette cour d’extrême gauche, plus prompte à reconnaître le peuple dans ces livres qu’au coin du supermarché. Elle moque les défilés plan-plan de la gauche syndicale avec le dégout d’une nouvelle « toto » Elle est féroce avec la BAC qui se déchaine contre des vieilles femmes, qui s’en prend à des ouvriers de toutes les provinces de France, habillés de jean et de baskets. Romançant la vie de quelques têtes du mouvement, elle ne les épargne pas de critiques.

 

 

Rédigé par Louise Mitchell

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