ALPHONSE est velu.

Publié le 9 Mai 2010

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Graziella D’Alphonse de Lamartine. ( Au dessus: Image d'Alphonse refusant le Drapeau Rouge. Oh,La quiche!)

 

Ce n’est  pas une nouveauté mais il est bon parfois de lire ses classiques même si le souvenir scolaire de l’apprentissage du fameux et peu regretté Lac de Lamartine où l’on trouvait cette prière sublime : « Je dis à cette nuit : sois plus lente » a laissé des bâillements ahuris dans les salles de classe surchauffés où une jeune professeur de français s’évertuait à nous en rendre la saveur antique sans jamais nous dire à quel point Alphonse bandait en écrivant : « Hâtons nous jouissons ! » Imaginez le tableau, si elle l’avait fait, devant trente puceaux et pucelles. Dans le veine épicurienne, Lamartine a écrit chastement une histoire d’amour avec un être simple qu’il rencontre lors d’un voyage en Italie, la fille d’un pêcheur. Toujours aquatique, l’aristocrate s’éprend de Graziella pour l’abandonner comme une vieille chaussette car on le rappelle en France. Un temps ému par la vie rustique des pêcheurs, notre aristo rentre penaud reprendre sa place dans l’hexagone laissant la fille mourir d’amour. Entre le récit de cette Italie visitée et idéalisée au 19ème siècle par les écrivains et cette fin tragique, on s’intéressera à cette traversée mythologique, odysséenne où Alphonse, son camarade et le pêcheur manquent de mourir dans les tourbillons déchainés du Golfe de Messine. Son amour pour Graziella s’étire dans des miaulements qui ne manquent pas de charme. Mais forniquent-ils ?

Flaubert n’a pas mâché ses mots sur ce livre : je vous le livre : « Causons un peu de Graziella.. C'est un ouvrage médiocre, quoique la meilleure chose que Lamartine ait faite en prose. (...) Et d'abord, pour parler clair, la baise-t-il, ou ne la baise-t-il pas ? Ce ne sont pas des êtres humains, mais des mannequins. - Que c'est beau ces histoires d'amour, où la chose principale est tellement entourée de mystère que l'on ne sait à quoi s'en tenir ! l'union sexuelle étant reléguée systématiquement dans l'ombre, comme boire, manger, pisser, etc ! Ce parti pris m'agace. Voilà un gaillard qui vit continuellement avec une femme qui l'aime, et qu'il aime, et jamais un désir ! Pas un nuage impur ne vient obscurcir ce lac bleuâtre ! O hypocrite ! S'il avait raconté l'histoire vraie, que c'eût été plus beau ! Mais la vérité demande des mâles plus velus que M. de Lamartine. »

Est ce que Mme Bovary est plus velue ?

24 avril 1852graziella.jpg

 

 

 

Rédigé par Goby

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