Casabianca, nouveau centre social à Madrid.

Publié le 17 Mai 2010

ville-794 123 parcville 2613 Dans la Capitale de l’Ours et de l’Arbousier, on ne sait quel rôle ils jouent.  Voilà à peine une semaine que ce collectif madrilène a ouvert ce centre social au cœur du quartier de Lavapies dans un bâtiment où les travaux ont cessé depuis la crise. Pablo qui fait office de portier en ce jour de réunion de quartier m’explique que l’immeuble appartient a des groupes immobiliers liés aux scandales de Marbella et au Parti Popular, la droite espagnole qui fut aux affaires avant Zapatero.  « Nous avons trois conditions irréductibles ici : l’Assemblée souveraine, aucun parti politique, et aucune subvention publique. » Dans la foulée ces jeunes squatteurs qui ne logent pas dans le Centre Social organisent généralement dans la ville ou vécut Tirso de La Molina une bibliothèque et des comidas publicas, sortes de cantine à prix libre,  qu’on retrouve dans tous les squatts d’Europe.

Il y a cette volonté de créer une alternative dans le Barrio castizo, à Lavapiès, ce quartier juif qui a inventé les manolos, sorte de garçon des quartiers populaires qui aujourd’hui viennent du Pakistan ou du Paraguay. Une dame âgée et habillée d’une robe longue vient porter un message : « Que tenga la suerte » qu’elle adresse aux jeunes après avoir jetée un œil à l’intérieur. Pablo revient sur l’histoire du groupe qui est une déjà longue trace de lieux expulsés , en commençant par La Escoba, centre qui n’a duré qu’un an dans ce quartier dont Belda disait : « Il est à Madrid un quartier fondamentalement espagnol dont les ruelles, bien que n’étant pas les plus tortueuses et les plus typiques de notre vieille capitale, n’en sont pas moins parmi les plus animées et les plus gaies » Et c’est vrai qu’avec ses pentes et ses longues courbes le quartier conserve une âme que n’ont pas les places bondées de touristes du quartier « littéraire » autour de la Plaza del Sol où pourtant les patriotes ont assaillis les mamelouks de napoléon en 1808. A Lavapiès c’est le marché, les boutiques de Frutos secos, les callings centers et quelques tavernes qui dégringolent où l’on s’offre plus souvent qu’a son tour « una cana », tant le printemps est chaud dans la ville de Juan Carlos. 

Outre le Roi, on parle surtout du juge Garzon et il y a quelques jours une manifestation a soutenu l’acharné magistrat qui veut s’attaquer au Franquisme.

Au centre social, le jeune barman  qui parle comme une mitraillette madrilène armée contre les Carlistes, évoque Enric Curan et Lucio Cabanas, ainsi que El Solitario, un braqueur qui a son procès, a déclaré être anarchiste.  Ici on est prés des alternatives du Catalan, cuisine végétarienne comme une attention aux gosses les plus difficiles ou  contre une tauromachie industrielle. Pablo me dit qu’ils craignent plus la police nationale aux ordres du pouvoir socialiste que les municipaux obéissant à la ville aux mains du Parti Popular. Le lieu ne devrait pas tenir longtemps compte tenu de la spéculation immobilière. Il y a 4000 mètres carrés sous nos pieds et des appartements à demi terminés qui laissent des câbles électriques dégueuler des murs. Le sous sol de cinq étages est impressionnant mais difficilement utilisable. En tout cinq lieux ont été repris au centre ville difficilement. Mais ils ont tous fermés Ceux qui tiennent sont en périphérie comme la Casika, qui demeure un lieu anarcho-syndicaliste incontournable, associé à la Cotera et l’Eskuela Taller. Ceux là éditant des programmes communs où l’on peut trouver du yoga ou du cinéma. La Casika à Mostoles est une vieille dame de 13 ans déjà. En cette fin avril elle organise un festival  antifasciste, tandis qu’ la Traba, on fête ces jours ci les trois ans d’occupation. Reste qu’un centre social est bien un lieu sans profit tourné vers le quartier et qui défend le patrimoine ancien. Comme dit Pablo, « c’est une roue qui s’alimente elle-même. » Curieuse image dans une ville qui manque d’eau. Vale !

 

Rédigé par Goby

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