Europe Ecologie PACA ?

Publié le 13 Mars 2010

...une bande hétéroclite menée par une juge. (Reportage)

 

Il gèle à Marseille ce soir, pourtant Philippe, instituteur  et cycliste depuis 18 ans est venu en vélo, armé d’un bonnet, au palais du Pharo pour écouter le dernier meeting d’Europe Ecologie. « Le vélo à Marseille c’est pas évident, mes deux clavicules de cassés en témoignent. Le souci c’est la priorité à droite que les voitures ne respectent pas »  Priorité à droite, c’est effectivement le problème de Marseille. Dans la hall, Christiane et Roger, la soixantaine, sont arrivés en car du Var voisin. Ce sont des déçus de la gauche comme Philippe, « Il a l’art et la manière Cohn Bendit ! » Comme 500 autres curieux ou militants, il sont venus entendre des orateurs. La politique est un spectacle où il faut jouer le clown faire entendre le tragédien et achever par une poésie. Ce soir, ils s’y sont essayés comme Yves Cochet qui semblait courtiser la nouvelle recrue d’Europe Ecologie, Laurence Vichnievsky, qui se présente comme tête de liste. Une belle juge qui subjugue les jésuites du parti vert, et une magistrate venue nettoyer la Provence, au propre et au figuré.

   La présence d’une femme s’accompagne des stigmates de vieux reflexes ; Ferdinand Richard confond dans un maelström d’adjectifs hétéroclites, la tête de liste avec une fée du logis ou sa voiture : « Laurence c’est un confort extraordinaire, c’est la transparence, la lumière dans la maison » Europe Ecologie ressemble à une grande maison effectivement ouverte à tous les vents : Alain Lipietz, en ancien gauchiste, se gausse de ce rassemblement de « Tous les mouvements depuis 68 » avant que de faire une démonstration en quatre points de la vitalité de son parti. Il évoque la décroissance de ce qui pollue, pas de l’emploi. Une vidéo avec Michelle Rivasi s’intercale : « L’abstention nuit à votre santé » assène-elle. Heureusement plus personne ne fume dans le public.

   Du côté des têtes de liste départementaux, Jacques Olivier , le maire du Thor, rappelle comment il a gagné au tribunal administratif contre l’état pour imposer l’interdiction des OGM dans sa commune. Aujourd’hui 40 communes du Vaucluse ont adhéré à l’appel contre les OGM agricoles. Marie Tarbouriech  pour les hautes Alpes s’explique en occitan ,ce qui fait pâmer d’aise un carré régionaliste, planqué à gauche de la salle. Gérard de Meester nous apprend qu’il aime les pieds paquets et Aicha Sif, comédienne, imite Laurence Viechnievsky, achevant ses interventions par « quitte à nous fâcher avec nous amis ! »

   Heureusement qu’André Aschieri, le maire de Mouans Sartoux, qui parle sans notes, vient conter son expérience d’élu : « On ne réagit pas assez » pose-il en évoquant la disparition des services publics du haut pays. Cet écolo de gauche qui voit sa commune comme un village gaulois, énumère tranquillement sa mandature: « Tout est en régie municipale, dont l’eau et je prélève 1% pour envoyer en Afrique, au Népal et à Madagascar. Je l’ai pas dit à mes contribuables, ça s’est su… » Amusant la salle qui reconnaît en lui l’ancêtre, il poursuit : « Même les pompes funèbres sont en régie municipale, si ca vous intéresse, c’est à un euro. J’ai besoin de vendre des caveaux. Si le macchabée est content aussi… » Son bilan culturel laisse pantois d’admiration : « Le cinéma fait plus d’entrées chez moi qu’ à Cannes, la Mecque du cinéma. »  Plus grave il insiste sur le danger du nucléaire et  sur la foi d’un ancien du CEA explique : « Le pire ce sont les six sous marins nucléaires de Toulon bien pire que   Cadarache. »

Philippe Chesneau, vice-président à l’emploi au conseil régional  espère « faire repartir le Titanic dans une autre direction » Si la société n’est pas déjà coulée, il admet que les élus écologistes n’y suffiront pas. « Ecologiser la Provence » sans que le travail soit une torture, il donne des pistes vers les Scops, les mutuelles, l’autogestion ; et croit « à une subversion écologiste, un droit au bonheur. » redonnant espoir au public soixante-huitard, Yves Cochet revient plomber l’ambiance dans un lyrisme dantesque, s’appuyant sur « Les 100 esclaves écologistes de l’homme occidental », valorisant le plein air, « la vie bonne, celle faite d’amour, d’amitié, de militantisme et de Mozart ». Yves Cochet en poète du 16 éme siècle condamne sans appel l’enfer qui vient du sous sol, et souhaite une société dans « des flux de lumière, du vent », une conversion écologique qui prosaïquement commencera avec l’isolation des bâtiments. Pas un mot sur la grève du ventre. Il ne faudrait pas effrayer les familles nombreuses qui votent aussi.

 

   Quand Laurence Vichnievsky monte pressée sur la scène ; il ne lui reste que cette proposition à la bouche, l’isolation et la rengaine des TER, le sujet best seller dans la campagne en PACA. Iter ? Les OGM ? Tout est dit ou pas assez. Alors elle annonce tranquillement, détachant chaque mot, leur courageuse défaite et leur alliance obligatoire avec « nos amis du P.S » Toutefois, non sans humour, elle attaque le P. S local : « …Patrice Menuki, Il prononce bien mon nom n’importe comment ! »Décidément Laurence a beaucoup d’amis, à commencer par le Président. Noël Mamère veut des emmerdeuses, on peut craindre qu’il en est trouvé une.

Rédigé par Goby

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