Manif au Puy en velay.

Publié le 20 Octobre 2010

Manif tranquille au pays de Wauquiez.

 

Vous rappelez-vous les manifestations contre le CPE au Puy en Velay ? La mairie venait d’être ravie par une socialiste pour la première fois de son histoire, son fils n’était autre que Bruno Julliard, le patron réformiste de l’UNEF, et la ville connaissait de records de manifestation. Cette année encore, TF1 notait qu’un habitant sur trois était descendu dans la rue. Reportage

 

 

Aujourd’hui pour la journée de mobilisation les rues étaient encore pleines de ponots remontés contre la réforme des retraites.  Son maire, Laurent Wauquiez semble avoir été entendu "Le but n'est pas une bataille de rue avec les syndicats" Et même les lycéens qui étaient présents au côté des ouvriers de Sainte Sigolène ou des employés de l’hôpital, ne l’ont pas démenti « On reste très raisonnable » me dit Maurice, infirmier psy retraité, « face à ce gouvernement de fous ! » Joëlle porte la banderole. Elle est employée à la CAF et parle des Assemblées interprofessionnelles entre URSSAF et CPAM : « Depuis le 12, on fait une heure de grève par jour et puis toute la journée comme aujourd’hui ! » Même les Richemonts et les Michelin sont dans la rue.

 Derrière lui les ouvriers de l’usine Preciturn défilent avec indolence. Leur délégué syndical CGT m’explique qu’ils débrayent spontanément tous les jours quatre heures et qu’ils discutent dans les ateliers. « Les fonctionnaires comme ceux du privé on est dans la même galère et on l’explique aux gars » Les gars ont mené de rudes batailles contre la liquidation de leur société. La branche thiernoise a elle, mené des actions d’éclat à Lyon. Avec les ouvriers de Barbier, ils ont bloqué des ronds points. Mieux que la grève, le maître mot est désormais Blocage. Entre le gouvernement et le peuple, c’est d’ailleurs une vraie mêlée dont aucune équipe ne cède.

Cette enseignante de la FSU distribue des tracts du NPA et annonce que dans son école rurale tout le monde est en grève aujourd’hui. « Les jours de grève, les parents nous disent : Allez-y ! » Elle reproche à la réforme d’oublier les taxations de capitaux et les augmentations de salaires « Et puis si vous ne faites pas travailler les jeunes, qui payera leurs retraites ? »  Elle ajoute que si les cotisations patronales étaient payées, on aurait l’argent. C’est bien un système qui doit profiter au privé qui se dessine comme la société d’assurance présidé par le rejeton Sarkosy, Sevriena !

Le slogan des agents territoriaux demande où trouver l’argent : « Dans les poches de Bettencourt » Dans la foulée ils courent en avant pour chauffer l’ambiance.

Dans le cortège, un ouvrier invalide de l’amiante s’accroche à moi : « J’ai commencé à travailler à 13 ans, désormais j’ai des plaques pleurales. Des copains à moi qui travaillaient dans la pétrochimie vivent avec des bouteilles d’oxygène. »

A Yssingeaux, dans ce fief de la droite catholique où ont fleuri nombre de PME, ce sont le lycée et le collège qui sont en grève reconductibles. A Brioude où Monistrol, on bloque les routes.

La fin du cortège est fermé par Sylvie de la Confédération paysanne qui m’explique que « La moitié du budget de la MSA est abondé par l’état. Ca fait faire mal pour les agriculteurs et les conjoints exploitants »

Débordés, le stand des électriciens prépare des saucisses pour des alti-ligériens affamés de justice sociale. De Laurent Wauquiez, qui est aussi secrétaire d’état à l’emploi, nul ne disert dans la manifestation alors qu’il est le représentant de la « Droite sociale », un oxymore qu’il a fondé en 2010 pour ramasser les classes moyennes aspirées par les idées bolchéviques. Pour Laurent Wauquiez on était déjà il y a une semaine dans la dernière ligne droite ! Très droite.

Rédigé par Louise Mitchell

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