Notre identité : « Farine, chansons libertaires et œufs Mimosa»

Publié le 8 Mars 2010



Lou carnaval dei la Plaine (Marseille. 7 mars 2010)

 

A Notre Dame du Mont, la déambulation hurle à plein « pamouns » la Libertat. Cette fois entre l’Occitanie et l’anarchie, la jonction est faite sous les masques grotesques et les maquillages du carnaval de la Plaine. Sur la passerelle, on entend un chant basque monter vers le ciel et toucher la voute céleste. Le firmament ne craque pas et quoique couvert nappe la rue d’Aubagne envahie par les tambourins déchainés qui scandent des chansons espagnoles de la guerre civile. La farine vole sur les visages, et l’on se passe fraternellement du vin et des bières malheureusement aux consonances germaniques. Sous son masque antique et africain, le maitre de cérémonie lance « Au cul la vieille », Il ne parle pas de Chantal Jouanno (ca nous change un peu) mais de cette ancienne rengaine appelant le retour du printemps. Les voix occitanes s’emparent de Noailles une fois par an et remplace le Kabyle et le créole cap verdien. On entend parfois s’élever de l’italien au métro, c’est la Lega qui monte comme un cri de ralliement se voulant « Chourmo » de cette union qui ne se fera pas dans les urnes ce dimanche.

Un dandy à la coiffure rose et au costume en damier, qui chantait encore des chansons paillardes ou« J’aime regarder les filles… « entonne Kalinka accompagné par une accordéoniste aux lèvres purpurines.  Il lance le vieux slogan anti-fasciste « Couscous, aïoli, paella même combat » La foule acquiesce et reprend se leitmotiv culinaire.

 

De retour sur la place Jean Jaurés, cette bonne humanité se prépare au jugement dernier. On fait le procès de l’identité nationale et l’on écarte ceux qui ne vivent pas au cœur de la Plaine. « Boulégue ! Estranger du boulevard Chave ! Espèce d’auvergnat» Le feu gagne les esprits comme il gagnera la Grèce promptement et bientôt est incendié la poule aux œufs d’or ou le Coq français. Est ce la crise qu’on conjure d’avance, la triste figure de Patrick Besson ressuscité en gallinacé, lui qui caquète pour chasser de la basse cour jusqu’aux plus acharnés défenseurs de la Franzitude ? Une chose est sure, l’Occitanie sert de refuge à tous ceux qui ne se définissent pas dans la culture étriquée d’un misérable ministère. Aïoli ! Mon commandant ! Repos.

 

 

Rédigé par Goby

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