Oaxaca

Publié le 6 Octobre 2010

libro_memorial_agravios.jpgDe donde son ? …Son de la barricada…

 

« Rendre hommage, dénoncer en faisant œuvre d’art, » voilà le dessein de la tournée de trois citoyens de Oaxaca qui racontent  la dernière insurrection du Mexique, dans ce pays pourtant coutumier du fait.

   Le premier d’entre eux, Ruben Leyva, peintre, et éditeur de cet imposant album rassemblant les images de 24 photographes qui ont couvert les événements de la commune de Oaxaca et d’un récit retraçant l’histoire du mouvement social. Jorge Pech Casanova s’est préoccupé de relier le passé des luttes dans cette région du sud du Mexique, bien connu des tours opérateurs français, à celles qui sont survenues en 2006.

   Lors de la présentation à la galerie Andiamo à Marseille où sont tendues de larges photos, il évoque le soulèvement des maîtres d’écoles dans les années 70. Avec eux, tout recommencera en 2006 et notamment avec le mouvement indigène, à en croire  ceux qui se reconnaissent dans une identité indienne en lutte contre l’occident. Des maîtres dont les photos rappellent qu’ils ont reçu le soutien sans faille de leurs élèves et des familles, contre un gouverneur, larron et suborneur, qui ne cessa d’extravaguer et de chercher querelle à toute une population.

   Devant un public attentif, Abraham Nahon, l’un des cinq auteurs, a exposé ce travail, surmonté par un flot d’images de révolte défilant. On retiendra la volonté de retenir l’expression populaire à travers les tags, inscriptions, et autres symboles de ces mois de révolte. Un des plus représentatifs restera l’hélicoptère dont Ruben Leyva raconte le combat ; les manifestants brandissaient des miroirs  pour tromper ses oiseaux rapaces et agacer les pilotes.

 

   S’il y a eu une amorce de révolution, c’est par l’expression artistique que nos trois compères ont souhaité l’afficher. Quatorze radios libres ont combattu une télévision aux ordres du pouvoir, des pochoirs, des photos, et nombres d’actions inventives ont porté une réponse aux attaques sournoises du gouverneur. On se rappellera des piquets de nuit pour combattre l’insécurité que les forces de police ont entretenue. Depuis la nuit du mouvement, l’oppression agit « sélectivement » sur les membres de l’APPO, ainsi que sur les responsables des forces de l’ordre ; deux d’entre eux ont été liquidés. Le silence est de meilleure qualité quand on est enterré. L’ouvrage « Mémorial de agravios », Mémoire des Offenses, rappelle les traces de la commune de Oaxaca.

Rédigé par Goby

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