Sanbar et sans reproche.

Publié le 27 Août 2010

sanbar.jpgElias Sanbar. Dictionnaire amoureux de la Palestine. Plon. Mars 2010. 24.50 euros

 

Ce dictionnaire fait vraiment œuvre d’amour pour une terre, dans une nostalgie émouvante, celle d’une enfance déplacée qui aurait du être celle d’un enfant d’Haïfa, et qui fut après l’expulsion des Palestiniens  en 1948, la Nakba d’Elias Sanbar, à Beyrouth puis en France où il devint écrivain et ambassadeur de la Palestine à l’Unesco.  Livre généreux parfois optimiste racontant les rencontres avec ces négociateurs israéliens qui pleurent quand il leur explique leur propre inquiétude de disparaître. Et pessimiste, qui s’oblige à rappeler qu’il y a bien eu un peuple vivant sur cette terre de Palestine avant l’avènement de l’état d’Israël. E. Sanbar explique qu’il faut  sortir de cette question de l’antériorité pour affirmer la présence actuelle d’un peuple à coté de l’état d’Israël.

« Comment ceux qui ont tant souffert peuvent-ils nous faire tant nous faire souffrir ? » questionne Sanbar qui raconte la résistance des villages de Ni’lin et bil ‘In où toutes les semaines des pacifistes israéliens et des habitants manifestent contre le mur, reçoivent des lacrymogènes et reviennent la semaine suivante, avec obstination.  En novembre 2009, ils ont fêté la chute du mur de Berlin en faisant tomber l’un des blocs. Depuis l’écriture de ce livre, ces villages ont été déclarés zones militaires fermées.

Le livre de Sanbar, c’est aussi des recettes de cuisine palestiniennes, l’adoration pour la Sauge et la Mauve , Al zaytun, des rencontres avec Godard, Genet, et l’amitié pour Mahmoud Darwich dont il est le traducteur. "Mais nous souffrons d'un mal incurable qui s'appelle l'espoir » écrivait Darwich. Sanbar le cultive à merveille.

Rédigé par Goby

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