Un état commun en Palestine.

Publié le 4 Avril 2012

arton675.jpgUn Etat commun. Entre le Jourdain et la mer. Eric Hazan. Eyal Sivan. La fabrique éditions. 14 euros.

 

L'idée fait son chemin depuis quelques années devant l'utopique projet de partition de la Palestine: Un état commun. Un état partagé; non pas une partition. Pourquoi? Parce quiconque se rend en Israël ou dans les territoires se rend compte de l'enchevêtrement des frontières et des populations. « L’évidence est qu'il n'existe aujourd'hui qu'un seul état qui exerce  son pouvoir sur l'ensemble du pays. » L'intérêt de la partition est de perpétuer le provisoire. La thèse des auteurs est  que la partition de la Palestine n'est pas une solution mais un discours, sous entendu un mensonge pour entretenir une coexistence entre israéliens. A l'appui de cette idée vient cette réalité de ce pays qui participe à l'Eurovision, aux championnats d'Europe, qui est une tête de pont occidental dans le monde arabe. Cette réalité forcée est ashkénaze mais quel poids ont les autres, notamment les séfarades plus proches au niveau des coutumes des palestiniens.

Les auteurs reviennent en quelques lignes ciselées sur les raisons de leur projet. Ils établissent aussi quelques vérités sociologiques sur ce pays. Les juifs inventés d'abord: ceux des douze tribus qu'on a retrouvé ici ou là: les Falash Mura ou les fils de Mensaché et puis les plus visibles : 15% de la population sont des Russes pas vraiment cacher. La population compte évidement les palestiniens citoyens d'Israël qui ne sont pas appelés sous les drapeaux et dont les droits sont moindres que ceux des juifs sous le décret Crémieux. Ce court livre manifeste  est accompagné d'un film documentaire d' Eyal Sivan qui rassemble vingt-quatre entretiens. On y retrouve des personnalités connues comme Michel Warchawski ou Omar Barghouti, Ilan Pappé et d’autres intellectuels, juifs ou arabes commentant après avoir vu en miroir les opinions des autres sur la partition. Ilan Pappé affirmant que celle ci est une proposition des colonisateurs confirme : « Israël contrôle tout ce qui constitue la Palestine » Comme l’ajoute un sociologue israélien « le modèle de la partition ne prend pas en compte l’absence de correspondance entre territoire et peuple ». L’architecte palestinienne Sandi Hilal évoque le rêve palestinien de le mer, de la Méditerranée tandis que Hisham Naffa’a parle des juifs venus de petits ghettos pour entrer dans un grand ghetto. Tous évoquent un pays souffrant, enfermé, qui a peur et terrorise plus il a peur. Une professeure en sciences de l’éducation a des mots très durs envers ses semblables, leur reconnaissant d’être vus comme des nazis tandis que l’ancien maire de Jérusalem reconnaît une démocratie vacillante. « C’est une puissance coloniale expropriatrice  » concède-t-il. Enfin le journaliste Haim Hanegbi y va de sa blague pour parler des trois problèmes des juifs israéliens : « Un, les palestiniens étaient déjà là ; deux les palestiniens sont toujours là ; trois les palestiniens seront toujours là ! » Tous pour dire qu’un état commun doit naitre aujourd’hui.

 

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

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