Histoire d'une femme libre.

Publié le 23 Juillet 2013

Attendre des représentants du capital qu'ils vous fournissent gracieusement des armes-c'est à dire, en l'occurence, des journaux- pour s'élever contre une forme de socièté qui leur convient, et une morale qui est la leur, cela porte un nom: l'imbécilité. Mais la plupart de ceux qui travaillent dans les grands journaux sont, en gros, d'accord avec cette société et cette morale. Ils ne sont pas achetés: ils sont acquis. La nuance est importante.

Ceux qui ne le sont pas, peuvent, en théorie, créer d'autres organes pour exprimer leurs vues.

En pratique, les fonds nécessaires à la création d'une telle entreprise ne se trouvent pas dans les poches des révolutionnaires.
C'est pourquoi, dans tous les pays capitalistes, la presse quotidienne est, dans l'ensemble, conservatrice, tandis que progressistes ou extrémistes, d'un bord comme de l'autre, se réfugient dans la presse hebdomadaire: il faut investir trente à quarante fois plus de capitaux dans un quotidien que dans un périodique.

Françoise Giroud. Histoire d'une femme libre. Gallimard. 2013.

Rédigé par Louise Mitchell

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