Publié le 11 Décembre 2009

Une pensée en ces moments de consommation finale: "- Les cadeaux sont donnés pour le plaisir de celui qui les offre, pas pour les mérites de celui qui les reçoit...

L'ombre du vent. Carlos Ruiz Zafon. 2001. 

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Publié le 9 Décembre 2009

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CQFD Photo. Hors série.

Quand l’équipe de CQFD réalise un numéro spécial photo, on est loin des Unes Gore Trash et agressives du journal marseillais qui a la dent dure contre le capitalisme et donne des solutions marginales pour échapper au travail. Là c’est du lourd avec des grands noms de la photographie : Antoine d’Agata, des outsiders de la pellicule sociale comme Patxi qui sort début décembre un livre sur les portraits de la guerre d’Espagne, ou Yohanne Lamoulère qui travaille de concert avec Jean Bernard Pouy pour les textes. Les collectifs ne sont pas en reste, celui de Sub propose des clichés ébouriffants de l’Argentine, et Active Stills des images accusatrices d’Israël. On cherche ce qui réunit ses photographes dans cet album qu’on offrira facilement à sa belle-mère trotskiste ou à son neveu décroissant et agaçant au repas du 24 décembre : J’avoue, on ne trouve pas. Mais c’est beau comme une révolution zapatiste au 1er janvier.

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Publié le 8 Décembre 2009

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Sébastien Fontenelle. Vive Le Feu. Affable chronique des temps sarkoziques. Le Chien Rouge. 2009.  10 euros.

 


 Ecoutez C’est Pas Compliqué C’est le Dernier Chroniqueur Qui M’ Essore de Rire : Voilà le genre de titre que n’hésite pas à donner vertueusement l’auteur d’un blog à succès sur Politis, (avant sur Bakchich.com) et accessoirement dans CQFD magazine. Sébastien Fontenelle emploie une langue riche et chiche ( du dictionnaire même), verte (mais pas écolo compatible), profondément anti-Finky et Val ; bref et succinctement il se fait un observateur (pas romano) des médias et à la vitesse d’une glissade sur une peau de  banane au  chlordécone, envoie des tartes pas toujours crémeuses au méchants de ce monde trop injuste. Le Chien Rouge a rassemblé une sélection de ces textes pour la plus grande joie des cul terreux bougnats anarcho-syndicalistes et des manchots maoïstes bouffeurs d’Hortefeux , ca va de soi. « Tu vas t’érudir velu, j’te l’annonce ! » éructe le Fontenelle.

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Publié le 7 Décembre 2009

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Pancho Villa. Roman d’une vie. Paco Ignacio Taibo II. Payot 2009 Traduction Claude Bleton.

« Viva Villa ! Bande de salauds ! » Ca c’est un cri du cœur original. Combien de fois sera-t-il hurlé à pleins poumons pour donner du courage aux troupes villistes, à ces rapides charges de cavaliers dans le Nord du Mexique. Paco Ignacio Taibo, plus connu pour sa biographie du Che Guevara, a travaillé quatre ans pour  réaliser cette biographie d’un des personnages les plus aimés et respectés du Mexique avec Emiliano Zapata, le paysan du Sud qui lui tenait à une chose plus qu’ aucune autre : redistribuer la terre. A titre d’exemple, dans le Nord, la famille Terrazas possédait pour elle même plus de 200 000 hectares de terres.  Lors de leur rencontre à Mexico en 1914, Zapata dira : « Je crois qu’ à avenir la vie sera différente, sinon nous ne lâcherons pas les Mauser que nous avons. » Quatre vingt ans plus tard, des Zapatistes reprendront ces fusils au Chiapas. L’esprit de Zapata n’est effectivement pas mort.

   Villa était un bandit, pas tout à fait un Robin des Bois mais un cavalier du côté des pauvres. « Villa, dans sa période de bandolero, n’essaya jamais un programme social, n’essaya jamais de changer le monde au-delà de la portée de son fusil… » En 1910 il n’était qu’un bandit pauvre et pas très favorisé. Tout le contraire sa  légende, si vous me suivez. C’est Abraham Gonzalez, l’homme de Madéro dans le Chihuahua qui va révéler Villa. Nous sommes en 1910 dans le nord du Mexique gouverné alors par Porfirio Diaz.

Soutenant le gouvernement Madero, la chute de celui-ci le précipite dans une nouvelle rébellion. Il va mener campagne  avec la division del Norte, contre le pouvoir central de Huerta. Là commence le mythe car Villa va employer une cavalerie rapide aux charges fulgurantes capable de tirer à cheval et des convois de trains où les chevaux auront d’ailleurs les meilleures places ; les hommes étant parqués sur les toits.

 La première bataille importante sera celle de Ciudad Juarez, ville où le crime est abondant de nos jours, qu’il prend grâce au train de Troie. Pancho Villa se marie souvent entre les batailles; le curé lui demande : « Colonel, voulez-vous vous confesser ? – Ecoutez, pour me confesser, il vous faudrait au moins huit jours, et la noce est pour demain. »

   Torréon sera sa plus grande bataille contre les fédéraux. On y verra à l’ouvre le génie stratégique de Villa et la bravoure de cette troupe d’élite que fut « les Dorados », les meilleurs cavaliers villistes. On remarquera que la conviction de se battre pour une cause juste fut le moteur de bien des victoires, en sus des Trenta-Trenta et des Mausers. Paco Ignacio Taibo II n’oublie jamais de revenir sur l’intendance de cette révolution, et décrit minutieusement le nombre de munitions récupérées, les armes confisquées, et le nombre de chapeaux nécessaires, de rations alimentaires. La guerre ne se gagne que si une armée est nourrie et armée. Cela, Villa et ses hommes savaient le faire. Le général appliquait aussi la Loi Séche, l’interdiction de boire de l’alcool car Villa détestait l’ alcool dont il savait qu’il était source de désordre dans une guerre révolutionnaire.

Paco Ignacio taibo, auteur reconnu de polars et directeur de la collection l ‘Atinoir à l’Ecailler du Sud (Marseille), a réussi là une belle reconstitution de la vie d’un des héros les plus populaires du Mexique, se détachant de son mythe et replaçant Pancho Villa dans son élément naturel : le peuple du Nord, les enfants des éleveurs pauvres de bétail et des descendants des indiens méprisés par les Espagnols.

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Publié le 5 Décembre 2009

no-parasan.jpg No Pasaran. Photographies de Patxi. Editions de l’Ecailler du sud          

                                                                                Décembre 2009. 10 Euros.

 

 

 Ils sont passés .

 

 

   Que reste -t-il dans les mémoires  de la guerre d’Espagne et de sa révolution?  Peu et beaucoup de choses. Les réfugiés républicains, « les Rouges » après avoir été internés dans des camps français, sont rentrés dans la Résistance, et beaucoup ont libéré la France quand ils n’ont pas fini dans les camps de la mort. La guerre d’Espagne ne s’est pas arrêtée en 1939 pour les combattants de cette époque, non plus pour leurs familles. Nombreux sont ceux qui sont repartis combattre clandestinement le régime. Le plus connu d’entre eux, Sabaté, a entraîné des jeunes dans cette guérilla contre Franco. D’autres comme ceux du M.I.L, fils d’espagnols souvent, sont venus porter l’estocade jusque dans Barcelone.

 

  

   Au travers des portraits réalisés par Patxi, on distingue cette galaxie hétérogène de combattants, d’engagés de tous les bords  qui viennent de toute l’Europe. Une seule chose leur est commune : leur jeunesse au moment de leur engagement. Ce n’est pas seulement parce que les plus anciens ont disparu mais aussi parce que la jeunesse de cette époque souhaitait changer le monde . Si profondément que Diego Camacho critiquait le réformisme de la CNT-FAI, l’organisation anarchiste la plus puissante que le monde est connu.

 

 

   Il y a ceux qui savaient déjà que le camp communiste, autrement dit l’URSS, n’était plus le pays frère de l’humanité souffrante, qu’elle ne l’avait peut-être jamais été puisqu’il y avait eu Cronstadt et l’Ukraine de Makhno, que déjà les anarchistes avaient été liquidés. Et puis il y avait ceux qui doutaient encore, qui refusaient d’y croire, pour qui la famille communiste était surtout la famille, ceux encore qui ne voyaient rien de mieux sous le ciel orageux des années folles.

   Seulement il y avait l’Espagne, avec son anarchisme andalou enraciné dans la paysannerie, avec ses sections CNT en Catalogne, avec la force des mineurs asturiens, qui poursuivaient un travail de terrain comparable à celui du PCF en France. On emmenait les enfants en colonies, on organisait des fêtes populaires, on parlait de sexe, on s’impliquait sur le terrain comme le racontait Abel Paz dans son livre « Viaje al Pasado. »

 La CNT et la FAI étaient la famille du prolétariat espagnol car comme son ombre, elle accompagnait les pas de chaque enfant, de son éducation jusqu’à sa mort. La CNT avait même organisé les coiffeurs. Fédérica Montseny écrivait de nombreuses nouvelles traitant de l’amour ou du sexe, à destination de la jeunesse.

 

   Il n’est pas question d’oublier l’UGT, contrôlée par les socialistes, l’autre organisation syndicale qui à Valence fut unie à la première pour prendre le contrôle de la ville et des casernes, devant la déficience des autorités. Les véhicules blindés de la colonne de Fer portaient fièrement l’inscription des deux centrales syndicales. Cette colonne comportait les éléments les plus extrémistes des anarchistes et une partie des prisonniers libérés de la prison de San Liguel de Los Reyes.

  

   L’Histoire de la guerre d’Espagne a été écrite et bien écrite par Borkenau, Brenan  ou Orwell ; les Anglais ont de ce côté-là étaient d’impartiaux raconteurs de ces événements.

« Que les Anglais et les Espagnols se soient toujours bien entendus ensemble, malgré les difficultés qu’entraînait le fait de na ne pas parler la même langue, en dit long en faveur du caractère espagnol » raconte Georges Orwell dans Hommage à la Catalogne.

 

 

   Il y a une dizaine d’années, nous interrogions avec le fils d’un de ces « Rouges » la mémoire de son père, retraité à Montpellier. Le dialogue valait son pesant de « tortilla » entre le fils issu de 68, du radicalisme situationniste et des pratiques de reconquête des territoires ; et son père qui lui répondait fermement en l’appelant « Couillon » à chaque fois que le premier énonçait sa manière de refaire l’histoire.  Tournure alambiquée ??

 

   Guillaume Rosell avait quinze ans à Barcelone lorsque le coup d’état fut prononcé. Il rejoint alors le POUM, l’organisation trotskiste de Nin et de Wilebaldo Solano , sans pour autant connaître un traître mot de la vie de Trotski.  L’ambiance est électrique ces jours de juillet 1936 et la CNT contrôle la ville «  Quand on entendait tirer et qu’on ne savait pas d’où ça venait, on attaquait l’église carrément. On a foutu le feu à l’église, aux églises, pas à une, à toutes ! » Qui étaient-ils ? Des fous furieux, non, « Les gens qui étaient avec nous, c’étaient les pauvres » L’église était réellement haie par les pauvres à cette époque. Orwell suggère qu’ils l’eussent remplacé (dans leur métaphysique) par l’anarchisme. L’avènement d’un nouveau monde y était promis aussi, mais celui-ci était sur terre.

 

   Guillaume s’engage dans les milices (du POUM) en partance pour le front d’Aragon : « Au POUM, on avait deux ennemis : le fasciste et les communistes. D’un côté, mal, mais de l’autre, pire ! » Il se retrouve vers Huesca, « dans un de ces villages de l’autre côté de Sietamo » où se trouve aussi Georges Orwell, qui parle justement de ces jeunes inconscients qui s’engagent. Car vous l’aurez remarqué, ils sont tous jeunes, très jeunes pour certains. Abel Paz avait aussi quinze ans quand il s’engage dans un mouvement anarchiste radical. Guillaume comme beaucoup d’autres en veut encore au Parti Communiste Espagnol : « Le parti communiste a tiré la couverture à lui. Pardi ! Plus il y a de la pagaille, mieux ça va ! Le Parti communiste en particulier a foutu la pagaille, et d’ailleurs, si on a perdu la guerre c’est à cause de ça. » Son fils lui demande explication car enfin « Ils étaient 2 millions dans le mouvement anarchiste ? Comment 20 000 communistes avec des tchékistes et des membres du NKVD comme Tito ont pu liquider la révolution et reconstruire des prisons ? » À Valence, ensemble UGT et CNT avaient ouvert la prison dans les premiers jours. Nombre des prisonniers s’étaient engagés dans leurs rangs. À son fils, Guillaume avait répondu comme à l’accoutumée : « Oui mais couillon, on était trop candides. Parce que moi le premier, je ne voyais pas plus loin que le bout de mon nez. »

  Sur le front, on est affecté dans une colonne du POUM ou de la CNT sans forcément partager les idées de l’organisation « On n’est pas forcément trotskiste parce qu’on est dans la colonne du POUM ? » En effet comme Orwell le raconte, ils sont nombreux à venir de toute l’Europe pour en découdre avec les fascistes mais pas avec les appareils des organisations. 

    Après un an sur le front, « Quand c’est la merde, c’est le moment où il y a le plus de chaleur. » À dormir soit dans des tranchées, à la belle étoile : « On dit la belle étoile, alors l’étoile oui mais belle, ça je n’en sais rien. » Plus tard, Guillaume fuit vers la France, passe à Figueras où il subit un bombardement. « Le meilleur moyen d’être à l’abri c’est avec les morts. »  Il se glisse alors dans un tombeau pour échapper aux bombes. « Ils bombardaient n’importe où. Les morts ne se sont pas plaints. »

   Il passe alors en France, à Argelés où il dort sur la plage. Il s’évade du Camp de Saint Cyprien, revient à Perpignan. Arrêté, il est affecté dans les Landes pour abattre des pins destinés à la ligne Maginot.  Peu après le commandement allemand arrive  et le camp change de main. Pour ne pas être envoyé en Allemagne à la place d’un français requis, Guillaume rejoint le maquis, fait sauter des trains et participe à la libération  de Foix.  Il ajoutait à la fin de cet entretien : « Moi je n’ai pas de patrie, là où je vis c’est ma vie et là où je crèverais, c’est dans ma peau. »

 

D’autres ont des ancêtres différents. L’Espagne, dont la Ley de Memoria  adoptée en 2007, n’ a pas réparé les torts, n’en a pas fini avec Franco dont le nom est encore sur les places de grandes villes. Et peut être que la classe politique née de la transition démocratique espagnole est encore trop liée par son histoire familiale au Caudillo. Alors que l’ancien chef de gouvernement, José Maria Aznar était le fils et le petit-fils de journalistes franquistes, le socialiste Zapatero s’en tire à peine mieux car si son grand-père a été exécuté par les fascistes, il aura participé en tant que capitaine de l’armée à la répression contre les indépendantistes marocains et surtout contre les mineurs Asturiens qui en 1934 ont tenté d’établir le communisme. Mais pour les libertaires, les socialistes avaient déjà fait la preuve de leur double langage : En 1933, A Casas Viejas, bourg andalous, les anarchistes décrètent le communisme, tuent quelques gardes, brûlent les archives. Une troupe de la république est envoyée et massacre la population. Le gouvernement Azana tombe peu après. « Les socialistes qui soutenaient ce gouvernement (ces salopes n’ont jamais été à ça près) en furent évidemment rendus co-responsables et gagnèrent en impopularité auprès des pauvres. »

 

   L’ouvrage que vous venez d’achever rend hommage aux femmes et aux hommes du bord républicain, sans évoquer les querelles qui divisèrent leur propre camp. Il ne s’agissait pas de broutilles mais d’un véritable coup de poignard qui fut planté dans le dos du POUM et de la CNT notamment à Barcelone lors des émeutes de 1937. Le mouvement anarchiste ne s’est jamais remis complètement des coups du stalinisme qu’il affronta à cette époque. Quant au POUM, il fut déclaré illégal et ses militants pourchassés. « En Catalogne, l'élimination des trotskystes et des anarcho-syndicalistes a commencé; elle sera menée à terme avec la même énergie qu'elle l'a été en URSS »

 

 Le livre  No Pasaran reprend la célébre phrase de La Pasionaria, membre du PCE, au balcon du Ministère de l’intérieur le 19 juillet 1936 alors que les troupes de Franco tentent de prendre Madrid. Ce slogan était,  rappelons-le celui de Georges Nivelle, qui envoya à la mort 350 000 soldats lors de sa fameuse offensive en 1917. Ils ne passeront pas ? Mais de qui parlait-il, est-on en droit de se demander aujourd’hui ?

Yves Delhoysie-Georges Lapierre. L’incendie Millénariste. Os Cancaceiros. 1987

Victor Alba, Histoire du POUM . Ivrea. 2000.

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Publié le 4 Décembre 2009


France Inter à 13h: La speakerine provocatrice comme un aile de poulet dans l'assiette d'un végétarien s'étonne de ce que des supporters algériens n'aient pas vu le match qualificatif de leur équipe! Décoiffant cette affaire. A que je sache l 'équipe algérienne soutenu par l'état de la dite dictature, a eu plutôt du mal en Egypte, avec des joueurs bléssés, et un match déporté dans la démocratie du Soudanistan où l'équipe au croissant vert a fait un Khartoum en se qualifiant pour le grand cirque du petit ballon en Afrique du Sud. Quoique jouer au ballon ne m'a jamais déplu, le spectacle m'ennuie en vieillissant. Je préfere nettement le petit ballon de rouge à celui qui passe d 'Henry à Lizarazzu qui passe à Pelé qui passe à Zidane qui passe à Spinoza qui passe et manque. Ce ballon là s'offre à son voisin sans aucun tacle adverse, ni hors jeu. On est toujours dans la zone de jeu, même aprés quelques consommations offertes par le patron du Foyer du Peuple. Faut dire qu'Alain s'y entend en remise en jeu. 
   Sur France Inter donc, la speakerine cherchant la polémique  (pas du tout stérile) a laissé entendre (non pas sa différence pour le coup) mais qu'on ne devait pas descendre dans la rue si on avait pas vu le match. Les Algériens en France ou pas, viennent de vivre plus de dix de guerre civile, de massacres, de tueries sans nom. Foutez leur la paix!  Une fête de ce genre est un bon pretexte pour conjurer les années noires où l'état s'affrontait au Fis et autres chapelles islamistes dans l'escalade de la violence.
 Et si on a pas vu la main de Thierry Henry, on monte ou on descend.  Allez l' Algérie et Dieu puisse pulvériser l'équipe du F.N, la Besson Team en finale.

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Publié le 2 Décembre 2009

Georges Bataille. Histoire de l’œil. L’Imaginaire Gallimard.  

« Simone, en effet, se branlait, collée à la grille, à côté du prêtre, le corps tendu, cuisses écartées, les doigts fouillant la fourrure.. Je pouvais la toucher, ma main dans les fesses atteignit le trou. A ce moment j’entendis clairement prononcer :

   -Mon père, je n’ai pas dit le plus coupable.
Un silence suivit.

   - Le plus coupable, mon père, est que je me branle en vous parlant.

 Quelques secondes, cette fois, de chuchotement. Enfin, presque à voix haute :

    -Si tu ne me crois pas, je peux montrer.
Et Simone se leva, s’ouvrit sous l’œil de la guérite se branlant, se pâmant d’une main sûre et rapide.

   -Et bien curé, cria Simone en frappant de grands coups sur l’armoire, qu’est ce que tu fais dans ta baraque ? Est-ce que tu te branles, toi aussi ?

   Mais le confessionnal restait muet.

Alors j’ouvre !

A l’intérieur, le visionnaire assis, la tête basse, épongeait un front dégouttant de sueur. La jeune fille fouilla la soutane : il ne broncha pas .Elle retroussa l’immonde jupe noire et sortit une longue verge rose et dure : il ne fit que rejeter la tête en arrière, avec une grimace et un sifflement des dents. Il laissa faire Simone qui prit la bestialité dans sa bouche. »

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Publié le 29 Novembre 2009

51Y9NQCNJXL._SL500_AA240_.jpg        Boue y es-tu ? 

 

 Dans l’album Brosse et Savon , Gilles trouve l’eau très bonne et Jules, un cochon cher à l’auteur, Alan Mets se répand dans la boue qu’il juge douce !

   C’est merveilleux déjà, que la Boue, terme rare qui vient du gaulois « Bawa »et qui a donné des substantifs comme éboueur, soit valorisée. Non seulement terre mais poussière détrempée, il ne vaut mieux ne pas y être traîné. Elle prend ici le premier rôle ; et comme elle se constitue d’un mélange d’eau et de terre , elle s’apparente à la création humaine : «  L’éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la Terre. (Genèse) ».

   Malgré cette antique origine, la Boue, cette terre sale, est une réprouvée de la ménagère hygiéniste. Ce qui fait probablement que les enfants raffolent tellement de ce livre où des enfants grimés en loup et cochon se permettent un bain de boue.

   Nos deux sympathiques personnages éprouvent aussi un grand plaisir à faire la planche et la sieste. La paresse et les vacances vont mal tourner pourtant, comme dans un camping ardéchois entre touristes hollandais et français.

   Après s’être battus et insultés de manière très drôle dans une grande liberté de langage, nos deux amis se réconcilient dans un bain de boue euphorique, en voyant arriver les filles , leurs sœurs en vérité. La suite que vous la lirez peut-être à des enfants de 4 ans, montre finalement la victoire parentale et celle de la propreté sur la liberté des deux voyous.

 

 

Brosse et Savon  à L’école des Loisirs

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Publié le 29 Novembre 2009

 

C’est au bar de la Rince, à Belsunce, le quartier des Chabanis à Marseille où j’attendais Emilie de Ni putes Ni victimes que tout a commencé. D’abord y a eu ce type bourré mais bourré, qui a mis deux euros dans le juke-box. Là s’est élevé un air de souvenir, la voix de Jean Guidoni qui chantait Djemila, vous savez, « Elle chantait dans un groupe de lesbiennes…nannana » et tout ça et le type qui est amoureux d’elle et c’est beau quoi . Rien, mais alors rien à voir avec tout le bruit qui passe sur les radios jeunes avec la Skyroulette à tourner ! Moi j’ai pensé que le bar de la Rince avait perdu des lettres et qu’autrefois c’était le bar de la Princesse. 
Donc l’Emilie, elle arrivait pas ! Alors je fredonnais : « Plus de caresses moins de CRS » et tout ça sans même tapoter ma cigarette sur le rebord du cendrier, sentant mon arme encore fumante contre ma poitrine, vu que je fume pas et que les romans policiers à part Voyage au bout de la nuit, je peux pas les blairer. 
Alors, quand tout à coup, subitement, un type est entré dans le bar a demandé son chemin et il est reparti. Pfuit ! L’aventure c’était pas gagné cette après midi. 
Non simplement Ahmed , un habitué pas très coranique, est arrivé et a dit que que les expulsés de la rue Fiocca refusaient d’aller dans leur nouvelle demeure , comme il a dit parce qu’il s’applique Ahmed sur le français. Alors comme Emilie commençait à me courir sur le haricot, passez-moi la vulgarité légumière, je suis allé suivre l’évènement avant que le triste clown de Chirac confirme qu’il nous offrait une révolution comme Papa Degaulle. 
Les aventuriers du jour c’était le Réseau d’éducation cent frontières et le Collectif des cent papiers. Que des cents ! Ca fait du monde, remarque bien. 
En fait, vu que vous avez pas trop le temps vu qu’il y a un documentaire super bien sur la crise des jeunes à la télé, je vous raconte la fin, hein ? Ca va comme ça ! 
Les familles avec des enfants plus les gentils accompagnateurs, pas comme dans les bronzés, hein ? ont occupé le bâtiment de l’Office des Migrations Internationales, un énorme bâtiment vide à St Charles, tout ça dans le noir, à la va vite. 
Après la BAC est arrivée, en forme comme d’habitude, faisant crisser les pneus, sortant les matraques direct comme dans les attaques de banque. D’abord une remarque : qui paye les pneus, hein ? Deux, en ce moment ils font des interventions comme ça à tout bout de champ ; comme l’autre jour à Castellane en frappant au hasard des étudiants et en ramenant 20 jeunes comme ça « pour l’exemple » ! L’exemple de quoi ? Au fait ! 
Mon sang n’a fait qu’un tour, j’ai appelé mon rédacteur en chef qui à mon avis, vu que c’était vendredi, avait pris une méchante cuite ? Mais néanmoins il su me rappeler mon devoir et vu que j’étais là m’a dit de rester au poste jusqu’au dénouement. Plus tard j’ai appris qu’il avait tenté de sniffer de la fourme D’Ambert avec une paille .Là j’ai compris… 
Enfin les familles ont pu passé la nuit dans cet hôtel improvisé, sous l’escorte bienveillante des « cent » et le lendemain le préfet leur offrait son appartement de fonction vu que la révolution avait tout changé mais alors tout ! Incroyable.

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Publié le 27 Novembre 2009

"C’est souvent une histoire de mots entre l’architecte et son projet".

 

Place Castellane. Marseille. Entretien avec René Borruey, enseignant-architecte et chercheur en modestie. Pour lui, cela a commencé il y a soixante-dix ans en Espagne.

 

1940 : Son père anarchiste et plâtrier fuit l’Espagne vaincue.

1994 : Titulaire enseignant architecture.

1996 : Participe au colloque en Architecture et modestie.

 

genere-miniature.aspx.gifRené Borruey enseigne à l’école d’architecture de Marseille. D’origine modeste, il est parvenu à se hisser dans cette profession où la reproduction sociale est avérée. Hésitant, lui, n’a jamais rien construit. "Il faut sentir les choses pour le faire" dit-il amoureux des mots ou de l’architecture italienne : il construit plutôt les architectes de demain, avec modestie.

Sa thèse, il l’a réalisée sur l’analyse urbaine de la ville de Marseille, sur le paysage péri-urbain, les Bastides. Pour lui, un architecte peut avoir un regard sur le monde. "Je m’intéressais sur le comment des grues, c’était une enquête sur comment on fait, le mystère de la construction, les détails du port".

Sa rencontre avec Guy Desgrandchamps est importante : "Il a un fond anarchiste. On avait un langage commun. C’était quelqu’un qui était hors normes". C’est sa modestie qui l’intéresse. Guy parle alors de "vacance de soi".

Modeste de condition : "Mon père était plâtrier, d’origine espagnole. Il appartenait à la CNT. Un grand vaincu. Quant à ma mère c’était une Asturienne". En 1940, ils sont donc réfugiés en France et comme on le sait assez mal reçus !

"Mon père s’est retrouvé au débarquement, c’était un grand anarchiste militant, condamné, il a fui pour ne pas mourir, ma mère, elle, était fille d’un socialiste". De son père il ajoute encore : "Il se méfiait de l’idéologie. La France l’a fait beaucoup souffrir. Il la trouvait bourgeoise". A partir de ce constat, René Borruey a fait un travail de rattrapage, pour comprendre que ce monde n’est pas entièrement mauvais : "Aujourd’hui je me sens anarchiste. J’ai un frère qui est devenu militant de Lutte ouvrière. Moi, je suis censé être un libéral !".

A ses étudiants qui disent que c’est le cours le plus motivant dans les études, il répond que ce n’est pas bon pour sa modestie.

Quant à la modestie en architecture, elle se définit comme un meilleur pour l’humanité : "C’est d’être à la hauteur de ce que demande la société à l’architecture ! Pas forcement de s’effacer dans le paysage même si c’est plus respectueux. Nous ne sommes pas écologistes vraiment…"

L’histoire étant sa passion autant que son métier, il raconte : "Modeste, en ancien français, ça veut dire celui qui observe la mesure ! Celle de l’espace, celle des choses…  (1) a raisonné sur la modestie, il avait une phrase clé : 'Préférer l’important par nature à l’important pour soi', où est l’important sans moi. Que je ne sois pas simplement dans le geste. Aujourd’hui le métier d’architecte c’est beaucoup l’esthétique. L’architecte doit évidement savoir l’histoire de l’architecture, de la mode, mais l’expression personnelle compte. Il doit prendre le temps". L’architecte a lu Sénèque finalement.

On sera plus surpris d’apprendre que Louis Kahn (2) fut un architecte modeste. Borruey argumente : "Je pense à Louis Kahn qui dit : qu’est-ce que mon bâtiment veut être, sans moi, ça c’est l’important par nature. Et Kahn s’est interrogé toute sa vie sur l’architecture".

L’architecture lui semble à la réflexion plus modeste quand elle est faite par des femmes : Odile Deck (3), Edith Girard (4)  ou Charlotte Perriand (5) qui réalisa les meubles des habitations du Corbusier. Cette dernière, qui sortait des arts décoratifs, justement, s’engagea au Parti communiste pour changer Paris "de la merde des banlieues".  Elle se fâche alors avec le Corbusier. "Elle a toutes les qualités justement, elle a réfléchi à l’ameublement minimum, à la vie des ménages". Les femmes, qui désormais sont plus nombreuses que les hommes dans les écoles, deviennent souvent chefs d’agences, c’est-à-dire travaillent dans l’ombre.

La modestie architecturale c’est aussi de travailler pour les pauvres, mais pas en se servant des favelas pour faire sa pub. "L’Arte povere est une imposture, le minimalisme aussi". Ce n’est pas construire des maisons simples qui assurent un certificat de modestie. C’est une posture, une attitude d’attention, d’écoute. Borruey voit plutôt de la modestie chez les Japonais qu’il qualifie de génies de la création. Le Japon est collectif en tout : "Il faut aller se promener dans les rues d’Osaka pour voir le niveau d’architecture qu’il y a là-bas". Dans les modèles reproductibles, le bâtiment pas cher, il cite Jean Prouvé (6). Il ajoute Fernand Pouillon (7), malgré son goût pour le champagne, qui a reconstruit le vieux Port à Marseille avec cette belle pierre banchée.

Dans l'ouvrage Architecture et Modestie GianCarlo de Carlo déclare :  "Je ne suis pas modeste, mais dans mon architecture j’espère que je le suis !". Il observe les gens, le territoire. A ses étudiants, Borruey dit qu’il faut avoir contact avec la matière. "Votre métier ce n’est pas seulement dessiner. L’architecte c’est celui qui retourne la table, qui voit comment elle est faite !". C’est celui qui ressemble à ces maîtres maçons du monde médiéval, à Villard de Honecourt ou Guillaume de Sens.

Mais où voit-on de l’architecture modeste ?: "Dans les architectures anonymes dont on a reparlé dans les années 70, mais c’est dans la période classique dans le respect de la règle, c’est cette époque ou le maître compte !". L’éclectisme du 19e siècle aussi révèle beaucoup de modestie. Ainsi la ville en général des années 30, ces immeubles de rapport qu’on trouve à Marseille, la place Castellane, l’œuvre d’Alvaro Siza (8).

Etre modeste peut consister à accepter la monumentalité : "Si la mesure est grande, l’architecture doit l’être aussi". Par contre, les mécanismes financiers créent des frustrations : "La difficulté pour les architectes maintenant c’est que les lois du marché tendent à tout uniformiser, à densifier les centres. Des opérateurs tout puissants commandent la ville".

René Borruey termine l’ouvrage auquel il a participé avec la citation de Michel Corajoud : "Le territoire, c’est comme une conversation : on n’y entre qu’à condition d’écouter ce qui s’est dit, et l’on n’y prend la parole que pour la rendre".

Dans le BTP, on leur offre le livre de Borruey, ils en ont tellement besoin… en toute modestie.

 

Christophe Goby

 

Architecture et Modestie, René Borruey, Giancarlo di Carlo, Guy Desgrandchamps, Benoit Philippe Peckle, Bruno Queysanne, éd. Théétète, 1999.

 

(1) Vladimir Jankélévitch (1903 - 1985), philosophe, aborde la question de la modestie dans son "Traité des Vertus" (1949).

(2)Louis Kahn (1901 - 1974), architecte américain influencé par Le Corbusier, il s'intéressa aux logement sociaux et aux bâtiments publics. A surtout construit en béton brut et en brique.

(3) Odile Deck, architecte contemporaine exerçant et enseignant à Paris. Lion d'or à la biennale de Venise en 1996. A réalisé par exemple la FRAC à Rennes.

(4) , née en 1949, architecte contemporaine.

(5) Charlotte Perriand (1903 - 1999), commence par du mobilier adapté aux bâtiments de le Corbusier, avant de voler de ses propres ailes. Elle a certes construit de nombreux bâtiments à usage collectif comme certains pavillons de la cité universitaire de Paris… mais également la station de ski des Arcs, très loin de l'écologie ! Une des rares femmes architectes devenue célèbre.

(6) é (1901 - 1984), développe la standardisation industrielle dans l'architecture. A rejoint l'appel de l'Abbé Pierre dans les années 50 pour proposer des logements pour les plus pauvres.

(7) Fernand Pouillon (1912 - 1986). Prix Médicis en 1964 pour son roman "Les Pierres sauvages" écrit en prison après une condamnation dans un scandale immobilier.

(8) Alvaro Siza, né en 1933 au Portugal. A construit de nombreux quartiers avec des logements sociaux, dans différents pays, dont Montreuil en région parisienne. Grand prix spécial de l'Urbanisme en 2005.

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Rédigé par goby

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