Articles avec #essai. tag

Publié le 12 Novembre 2012

Le discours sur la « fraude sociale » a marqué le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Prétextant sauver la protection sociale des assistés et des tricheurs, ce discours a répandu l'idée que les droits économiques et sociaux se méritent et a inoculé une suspicion à l'encontre de leurs bénéficiaires légitimes.

Image_envers_fraude_sociale_s.jpg

En martelant l'idée que le système est « fraudogène », il a prétendu que les droits ne sont pas une obligation et que les prélèvements les finançant ne sont pas un devoir, à l'inverse des principes qui fondent le modèle social français.


Or, pour être juste et acceptable, la lutte contre la fraude doit éviter l'amalgame et la division, et participer à une politique générale d'accès aux droits sociaux. Car si la fraude à l'ensemble des prestations sociales est estimée à 4 milliards d'euros par an, son envers, à savoir le « non-recours »à ces aides de la part des très nombreuses personnes qui y ont droit, est bien supérieur.


Ainsi, chaque année, 5,7 milliards d'euros de revenu de solidarité active, 700 millions d'euros de couverture maladie universelle complémentaire, 378 millions d'euros d'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé, etc., ne sont pas versés à leurs destinataires. C'est ce que démontre et interroge cet ouvrage, exemples, faits et chiffres à l'appui.


Pour le collectif d'auteurs réuni ici, le nouveau gouvernement doit s'occuper prioritairement du phénomène du non-recours, car ce qui n'est pas dépensé n'est en rien une économie. Cela signifie au contraire l'appauvrissement de bon nombre de ménages et la destruction de recettes pour la collectivité.

Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0

Publié le 5 Septembre 2012





Les rencontres du mois de septembre

Eric Hazan à Bruxelles
ÉGALITÉ, le Mouvement Citoyen Palestine et BDS-Belgium vous invitent à rencontrer Eric Hazan à Bruxelles (Rue du Chevreuil, 4) le jeudi 20 septembre 2012 de 19h00 à 22h00 autour de Un État commun.

Rencontre-débat avec 
Eric Hazan autour d'Une histoire de la Révolution française le 21 septembre à 18h à la librairie JOLI MAI (29 avenue Paul de Jaer à 1060 Bruxelles).

Eric Hazan invité de Philippe Petit
Eric Hazan sera l'invité de Les Nouveaux Chemins de la Connaissance présenté par Philippe Petit (France Culture) le 28 septembre à 10h à l'occasion de la parution d'Une histoire de la Révolution française.

Salon des éditeurs et des revues de critique sociale et politique
La RdL, La Revue des Livres, organise le samedi 22 septembre 2012 de 13 h à 20 h à la Générale (14 avenue Parmentier, à Paris, M° Voltaire) CATASTROPHE(S), un salon des éditeurs et des revues de critique sociale et politique avec notamment la participation de : Contretemps, La Décroissance, La Dispute, Écologie et politique, Éco’Rev, Éditions Amsterdam, Entremonde, La Fabrique, L’Impossible, Libertalia, Lignes, Lux, Mouvements, Multitudes, Le Passager clandestin, Politis, Les Prairies ordinaires, Syllepse, S!lence, Z, Zones…

Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0

Publié le 20 Mai 2012

 

David Harvey . Paris Capitale de la Modernité. Les prairies ordinaires. 2012. 32 euros. 529 pages.harvey

 

Que n'a t_il pas été écrit sur Paris au XIX ème siècle? David Harvey nous emporte au croisement des idées sur cette capitale bouleversée par Haussmann et la Commune de Paris. S'appuyant sur Balzac comme d'un prisme sociologique, il revisite la ville qui a connu les mutations des lieux de travail, des changements dus au crédit, et une constante augmentation de la rente et du salaire. Harvey évoque ce prolétariat parisien mythique en citant Rancière et nous apprend qu'en 1851 un surplus de capital et de force de travail plongea la France dans la crise. Le choix se porta sur les grands travaux empruntant la voix du saint simonisme. L'inflation reprit mais les partisans du crédit universel l'emportèrent. Croissance économique et paix sociale en furent les fruits. « Une papauté de la production » vit le jour.

 

Ce livre aux riches entrecroisements des sciences humaines a le plaisir d'un papier délicat et d'une typographie choisie. Les illustrations de Daumier, les photographies de Marville sur Haussmann et les graphiques figurant les densités ou les mouvements lui donnent un éclat antique et proposent cet échange entre géographie, lettres et sociologie. Dernier atout digne du jeu des Mille francs, quelques anecdotes comme celle sur les mariés du 13 arrondissement devenue un temps une plaisanterie avant que Paris n'en compte réellement treize.


Harvey est particulièrement passionnant dans son dernier chapitre sur la construction du Sacré Coeur. Il rappelle que le culte du coeur sacré de Jésus Christ s'était lentement développé au cours du siècle. La Commune présenté par ses ennemis comme le comble de la dépravation des comportements et des mœurs se trouve en face de ce culte unifié avec le monarchisme réactionnaire. La maxime «  France repens-toi! » qu'on peut lire dans la basilique ne pardonne pas aux communards et aux victimes de l'industrialisation de l'époque. Le livre admirable Les écrivains contre la Commune de Paul Lidsky qui cite l'horreur des écrivains contre la lie prolétarienne rappelle la réputation faite au peuple.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0

Publié le 18 Mai 2012

Suite du Voyage: Désormais le livre est disponible en allemand, publié chez Nautilus, sous le titre:

"Pfade Durch Utopia…"

 

John et Isa au Mans du 31 mai au 2 juin

Une invitation qui nous tient particulièrement à coeur: nous allons présenter Les Sentiers à la MJC Ronceray (Bd de la Fresnellerie) dans le cadre de la Fête Interculturelle des Quartiers Sud au Mans. Le 31 mai prochain, nous irons tout d’abord papoter autour d’un café coopératif à 18h sur le thème de l’engagement, puis à 20h30, une projection suivie d’une discussion aura lieu au cinéma Le Royal (409 avenue Félix Geneslay).Enfin le 2 juin, pendant la fête inter elle même, nous animerons de 14h30à 16h30, deux ateliers participatifs sur la résistance créative, et enfin à 17h30 participerons à une table ronde sur l’art et l’engagement sur Radio Alpa.

 

Voir le papier sur Article XI:

Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0

Publié le 22 Avril 2012

e Nouvel Observateur L'élection présidentielle est généralement présentée comme le point culminant de la vie démocratique française. Ce n'est pas votre avis. Pourquoi?

Jacques Rancière Dans son principe, comme dans son origine historique, la représentation est le contraire de la démocratie. La démocratie est fondée sur l'idée d'une compétence égale de tous. Et son mode normal de désignation est le tirage au sort, tel qu'il se pratiquait à Athènes, afin d'empêcher l'accaparement du pouvoir par ceux qui le désirent.

La représentation, elle, est un principe oligarchique: ceux qui sont ainsi associés au pouvoir représentent non pas une population mais le statut ou la compétence qui fondent leur autorité sur cette population: la naissance, la richesse, le savoir ou autres.

Notre système électoral est un compromis historique entre pouvoir oligarchique et pouvoir de tous: les représentants des puissances établies sont devenus les représentants du peuple, mais, inversement, le peuple démocratique délègue son pouvoir à une classe politique créditée d'une connaissance particulière des affaires communes et de l'exercice du pouvoir. Les types d'élection et les circonstances font pencher plus ou moins la balance entre les deux.

L'élection d'un président comme incarnation directe du peuple a été inventée en 1848 contre le peuple des barricades et des clubs populaires et réinventée par de Gaulle pour donner un «guide» à un peuple trop turbulent. Loin d'être le couronnement de la vie démocratique, elle est le point extrême de la dépossession électorale du pouvoir populaire au profit des représentants d'une classe de politiciens dont les fractions opposées partagent tour à tour le pouvoir des «compétents».

Lorsque François Hollande promet d'être un président «normal», lorsque Nicolas Sarkozy se propose de «rendre la parole au peuple», ne prennent-ils pas acte des insuffisances du système représentatif?
Un président «normal» dans la Ve République, c'est un président qui concentre un nombre anormal de pouvoirs. Hollande sera peut-être un président modeste. Mais il sera l'incarnation suprême d'un pouvoir du peuple, légitimé pour appliquer les programmes définis par des petits groupes d'experts «compétents» et une Internationale de banquiers et de chefs d'Etat représentant les intérêts et la vision du monde des puissances financières dominantes.

Quant à Nicolas Sarkozy, sa déclaration est franchement comique: par principe, la fonction présidentielle est celle qui rend inutile la parole du peuple, puisque celui-ci n'a qu'à choisir silencieusement, une fois tous les cinq ans, celui qui va parler à sa place.

Mettez-vous la campagne de Jean-Luc Mélenchon dans le même sac?

L'opération Mélenchon consiste à occuper une position marginale qui est liée à la logique du système: celle du parti qui est à la fois dedans et dehors. Cette position a été longtemps celle du Parti communiste. Le Front national s'en était emparé, et Mélenchon essaie de la reprendre à son tour. Mais dans le cas du PCF cette position s'appuyait sur un système effectif de contre-pouvoirs lui permettant d'avoir un agenda distinct des rendez-vous électoraux.

Chez Mélenchon, comme chez Le Pen, il ne s'agit que d'exploiter cette position dans le cadre du jeu électoral de l'opinion. Honnêtement, je ne pense pas qu'il y ait grand-chose à en attendre. Une vraie campagne de gauche serait une dénonciation de la fonction présidentielle elle-même. Et une gauche radicale, cela suppose la création d'un espace autonome, avec des institutions et des formes de discussion et d'action non dépendantes des agendas officiels.

Les commentateurs politiques rapprochent volontiers Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon en les accusant de populisme. Le parallélisme est-il fondé?

La notion de populisme est faite pour amalgamer toutes les formes de politique qui s'opposent au pouvoir des compétences autoproclamées et pour ramener ces résistances à une même image: celle du peuple arriéré et ignorant, voire haineux et brutal. On invoque les pogroms, les grandes démonstrations nazies et la psychologie des foules à la Gustave Le Bon pour identifier pouvoir du peuple et déchaînement d'une meute raciste et xénophobe.

Mais où voit-on aujourd'hui des masses en colère détruire des commerces maghrébins ou pourchasser des Noirs? S'il existe une xénophobie en France, elle ne vient pas du peuple, mais bien de l'Etat lorsqu'il s'acharne à mettre les étrangers en situation de précarité. Nous avons affaire à un racisme d'en haut.

Il n'y a donc pas de dimension démocratique dans les élections générales qui scandent la vie des sociétés modernes?

Jacques Rancière
JACQUES RANCIERE, philosophe, a été l'élève de Louis Althusser. Publié en 1974, son livre de rupture, "la Leçon d'Althusser", vient de reparaître aux Editions La Fabrique. Parmi ses autres essais: "le Philosophe et ses pauvres" (Champs-Flammarion, 1981), "la Haine de la démocratie" (2006) et"le Spectateur émancipé" (2010), aux Editions La Fabrique. (Ibo/Sipa)

Le suffrage universel est un compromis entre les principes oligarchique et démocratique. Nos régimes oligarchiques ont malgré tout besoin d'une justification égalitaire. Fût-elle minimale, cette reconnaissance du pouvoir de tous fait que, parfois, le suffrage aboutit à des décisions qui vont à l'encontre de la logique des compétents.

En 2005, le Traité constitutionnel européen fut lu, commenté, analysé; une culture juridique partagée s'est déployée sur internet, les incompétents ont affirmé une certaine compétence et le texte a été rejeté. Mais on sait ce qu'il advint! Finalement, le traité a été ratifié sans être soumis au peuple, au nom de l'argument: l'Europe est une affaire pour les gens compétents dont on ne saurait confer la destinée aux aléas du suffrage universel.

Où se situe alors l'espace possible d'une «politique» au sens où vous l'entendez?

L'acte politique fondamental, c'est la manifestation du pouvoir de ceux qui n'ont aucun titre à exercer le pouvoir. Ces derniers temps, le mouvement des «indignés» et l'occupation de Wall Street en ont été, après le «printemps arabe», les exemples les plus intéressants.

Ces mouvements ont rappelé que la démocratie est vivante lorsqu'elle invente ses propres formes d'expression et qu'elle rassemble matériellement un peuple qui n'est plus découpé en opinions, groupes sociaux ou corporations, mais qui est le peuple de tout le monde et de n'importe qui. Là se trouve la différence entre la gestion - qui organise des rapports sociaux où chacun est à sa place - et la politique - qui reconfigure la distribution des places.

C'est pourquoi l'acte politique s'accompagne toujours de l'occupation d'un espace que l'on détourne de sa fonction sociale pour en faire un lieu politique: hier l'université ou l'usine, aujourd'hui la rue, la place ou le parvis. Bien sûr ces mouvements n'ont pas été jusqu'à donner à cette autonomie populaire des formes politiques capables de durer: des formes de vie, d'organisation et de pensée en rupture avec l'ordre dominant. Retrouver la confiance en une telle capacité est une oeuvre de longue haleine.

Irez-vous voter?

Je ne suis pas de ceux qui disent que l'élection n'est qu'un simulacre et qu'il ne faut jamais voter. Il y a des circonstances où cela a un sens de réaffirmer ce pouvoir «formel». Mais l'élection présidentielle est la forme extrême de la confiscation du pouvoir du peuple en son propre nom. Et j'appartiens à une génération née à la politique au temps de Guy Mollet et pour qui l'histoire de la gauche est celle d'une trahison perpétuelle. Alors non, je ne crois pas que j'irai voter.

Propos recueillis par Eric Aeschimann 


Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0

Publié le 4 Avril 2012

arton675.jpgUn Etat commun. Entre le Jourdain et la mer. Eric Hazan. Eyal Sivan. La fabrique éditions. 14 euros.

 

L'idée fait son chemin depuis quelques années devant l'utopique projet de partition de la Palestine: Un état commun. Un état partagé; non pas une partition. Pourquoi? Parce quiconque se rend en Israël ou dans les territoires se rend compte de l'enchevêtrement des frontières et des populations. « L’évidence est qu'il n'existe aujourd'hui qu'un seul état qui exerce  son pouvoir sur l'ensemble du pays. » L'intérêt de la partition est de perpétuer le provisoire. La thèse des auteurs est  que la partition de la Palestine n'est pas une solution mais un discours, sous entendu un mensonge pour entretenir une coexistence entre israéliens. A l'appui de cette idée vient cette réalité de ce pays qui participe à l'Eurovision, aux championnats d'Europe, qui est une tête de pont occidental dans le monde arabe. Cette réalité forcée est ashkénaze mais quel poids ont les autres, notamment les séfarades plus proches au niveau des coutumes des palestiniens.

Les auteurs reviennent en quelques lignes ciselées sur les raisons de leur projet. Ils établissent aussi quelques vérités sociologiques sur ce pays. Les juifs inventés d'abord: ceux des douze tribus qu'on a retrouvé ici ou là: les Falash Mura ou les fils de Mensaché et puis les plus visibles : 15% de la population sont des Russes pas vraiment cacher. La population compte évidement les palestiniens citoyens d'Israël qui ne sont pas appelés sous les drapeaux et dont les droits sont moindres que ceux des juifs sous le décret Crémieux. Ce court livre manifeste  est accompagné d'un film documentaire d' Eyal Sivan qui rassemble vingt-quatre entretiens. On y retrouve des personnalités connues comme Michel Warchawski ou Omar Barghouti, Ilan Pappé et d’autres intellectuels, juifs ou arabes commentant après avoir vu en miroir les opinions des autres sur la partition. Ilan Pappé affirmant que celle ci est une proposition des colonisateurs confirme : « Israël contrôle tout ce qui constitue la Palestine » Comme l’ajoute un sociologue israélien « le modèle de la partition ne prend pas en compte l’absence de correspondance entre territoire et peuple ». L’architecte palestinienne Sandi Hilal évoque le rêve palestinien de le mer, de la Méditerranée tandis que Hisham Naffa’a parle des juifs venus de petits ghettos pour entrer dans un grand ghetto. Tous évoquent un pays souffrant, enfermé, qui a peur et terrorise plus il a peur. Une professeure en sciences de l’éducation a des mots très durs envers ses semblables, leur reconnaissant d’être vus comme des nazis tandis que l’ancien maire de Jérusalem reconnaît une démocratie vacillante. « C’est une puissance coloniale expropriatrice  » concède-t-il. Enfin le journaliste Haim Hanegbi y va de sa blague pour parler des trois problèmes des juifs israéliens : « Un, les palestiniens étaient déjà là ; deux les palestiniens sont toujours là ; trois les palestiniens seront toujours là ! » Tous pour dire qu’un état commun doit naitre aujourd’hui.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0

Publié le 23 Mars 2012

Nouveauté à lire.arton649.jpg
 
 
« Il faut empêcher ce cerveau de penser », déclarait le procureur fasciste qui condamna Antonio Gramsci en 1926. Ce que souligne cet ouvrage présenté par Razmig Keucheyan, c’est la nouveauté de la pensée intellectuelle dans les rapports de classe. Avec le fondateur du Parti Communiste italien, sont formalisées des notions  tels que l’hégémonie intellectuelle de la bourgeoisie, ou comme le titre l’indique, le concept de guerre de position et guerre de mouvement ou révolution permanente de Trotski. On retiendra cette formule : « Tous les hommes sont intellectuels ; mais tous les hommes ne remplissent pas dans la société la fonction d’intellectuels. » C’est peut être sur ce thème que les explications de Razmig Keucheyan sont les plus fournies car ici Gramsci a prévu l’importance de cette classe dans l’occupation tactique des médias. C’est aussi pourquoi il fondera des revues, tels Ordine Nuevo et des journaux, réalisant l’importance de l’éducation du peuple. Pour Gramsci, une revue est un organisateur collectif ce qui explique que Keucheyan voit probablement dans la revue Contretemps du défunt Daniel Bensaïd le moyen de faire émerger une intellectualité nouvelle. Gramsci est un véritable intellectuel car il professe la confrontation des idées avec l’ennemi, ce qui explique qu’il ait choisi de contester les opinions du penseur le plus reconnu dans l’Italie de son temps, Benedetto Croce. Il a aussi des formules éclairantes : « Le modernisme n’a pas crée d’ordres religieux mais un parti politique : la démocratie chrétienne. » L’Italie a fort à faire avec la religion comme force politique. Gramsci rappelle que « le rapport entre la philosophie supérieure et le sens commun est assuré par la politique » Et il développe en connaisseur de la religion catholique et de son histoire. « Nous sommes des prélats c’est à dire des politiques » comme le relatait Steed dans ses Mémoires.
Un chapitre important de ses lettres de prisons et de cette visite guidée par Razmig Keuckeyan s’attache au prince de Machiavel.  L’allégorie du Centaure machiavélien, figure de la nature bifide du pouvoir y est expliquée : Cette « hégémonie cuirassée de coercition »  n’est pas une forme figée, elle évolue selon les circonstances. On doit à Gramsci de ne pas rester avec un schéma pour l’Histoire, de penser l’histoire et la sociologie, comme en mouvement. Jusqu'à Jean Luc Mélenchon qui expliquait[1]  : « Je suis gramscien, celui qui construit l’hégémonie culturelle a gagné”.


[1]  Libé du 17 mars 2012.

 

Antonio Gramsci. Guerre de mouvement et guerre de position. Textes choisis et présentés par Razmig Keucheyan. La Fabrique éditions. 2012. 17 euros.

Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0

Publié le 22 Janvier 2012

L'auteur de Autonomie en Italie sera à la librairie de l' Arbre à Marseille

Marcello Tarì à Marseille
Marcello Tarì présentera Autonomie ! à 18h le 28 janvier à la librairie de l'arbre, 38 rue des 3 mages 13006.

Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0

Publié le 12 Janvier 2012

Toi aussi tu as des armes. Poésie et politique. Collectif. La Fabrique 2011.  12 euros.arton620.jpg

Disons le tout net : il manque quelque chose à ce livre. L’unité d’abord. D’un auteur à l’autre pas de fil conducteur mais une juxtaposition de contributions très différentes de points de vue ou de lâchers prises. Ensuite il manque de munitions dans ces textes, théoriques d’abord, mais aussi d’expériences. On y parle de Tarnac à plusieurs reprises comme d’un talisman mais pour dire quoi ? Gleize cite Tiqqun ou l’Insurrection qui vient pour dire que les unités autonomes sont les véritables forces contre l ‘Empire. Pourquoi, comment ? Pas de réponse ; Seul compte la conclusion sortie dont on ne sait où : La question révolutionnaire est désormais une question musicale. Je dois manquer d’oreille. Le texte de Bailly s’appuie sur le mot camarade de Mallarmé mais ca ne suffit pas à toucher. Manque à ces textes une portée ou une sincérité, un langage révolutionnaire, un langagement comme dit Gleize. Celui de Marcos qu’il cite, va tremper sa plume dans les légendes indiennes comme dans un univers magique qui dépasse les idéologies. Le reste ne s’explique pas ; il se vit encore au Chiapas. Manque peut-être à nos poètes à réciter des vers à des publics inédits, à chanter, déclamer dans les transports. Que sais je. Nous avons tous des armes. Celles de ce livre manquent aux combattants qui cherchent de nouveaux mots obus, des roquettes qui ne mentent pas. 

Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0

Publié le 12 Janvier 2012

Essai : Autonomie !Italie, les années 70. Marcello Tari. La fabrique éditions. 2011. 16 euros.arton603.jpg

Je m’attendais à un tract post situationniste prêchant l’autonomie et la baston casquée en ouvrant ce petit livre rouge. Si le début du livre prête le flanc à cette critique, les recherches sur cette époque et sur le sujet de l’autonomie politique sont extrêmement fouillées. C’est donc une découverte de cette Italie qui dans les usines Fiat, dans les centres sociaux et dans toutes les rues du pays, a ébranlé l’édifice politique italien. L’auteur ne s’attache pas à décrire la situation politique du point de vue classique mais toujours en se référant aux publications comme Rosso, Re Nudo, Senza Tregua, ou plus brèves comme Linea de condotta, Lavoro zéro, Donne à l’Attaco (Femmes à l’attaque, bulletin de Trieste) dans les groupes comme Demau, Lotta Continua. Il évoque le mouvement féministe italien, le groupes homosexuelles et les attaques qu’ils ont du mener contre la bureaucratie héritée de plusieurs siècles de formatage politique et moral. L’auteur revient sur ce Wood stock milanais que fut Parco Lambro. Avec Gianfranco Manfredi, il raconte ce que fut cette expérience. Comment en est-on arrivé aux journées insurrectionnelles de 1975, à la formation de la lutte armée dans un pays où l’extrême droite et la police tue alors des militants. Marcello ne rappelle pas assez que l’Italie fut un pays fasciste quelques années auparavant. Epluchant la littérature de cette époque qui dévaste tous les champs des possibles,  comme l’exigence du « 27 politique » la revendication d’une note minimum pendant les périodes de lutte ! Marcello Tari nous dit : Pourquoi ne suis-je pas né à Rome en 1950 ? Mamamia !

Voir les commentaires

Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Essai.

Repost 0