Tardi au stalag.

Publié le 25 Septembre 2013

Moi, René Tardi, Prisonnier de guerre au Stalag II B, Jacques Tardi, Casterman, Paris, 194 pages, 25 euros.

Après le succès de sa série sur la Commune de Paris, Jacques Tardi réalise une bande dessinée plus personnelle bien qu’il revienne au thème de la guerre. On comprend avec cet album écrit par son propre père, engagé dans l’armée lors du second conflit mondial, les raisons de l’antimilitarisme de Tardi. Pourtant en racontant la vie quotidienne d’un camp de prisonniers, le petit Jacques dessine en trois bandes un dialogue avec son père décédé. La langue est truculente ; on y retrouve la saveur des dialogues du Caporal Epinglé de Jacques Perret qui lui aussi racontait cette drôle de guerre. Le récit nous happe car on y voit la vraie guerre, celle d’un conducteur de char, et non de tank, aux prises avec une guerre dirigée par des généraux incompétents. Travaux des champs, combines dans les baraquements, ingéniosité des prisonniers ; jusqu’aux comportements sexuels, René Tardi a marqué dans ses cahiers d’écolier tout ce qui faisait la vie d’un camp. Son fils a dessiné cette vision aussi fidèlement que possible. Toute la famille Tardi s’y est mis, jusqu’à hisser les couleurs.

Tardi au stalag.

Rédigé par Louise Mitchell

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