Dans ma jeunesse...
Publié le 29 Novembre 2010
Exposition « Les Journées Libertaires » pour le centenaire de la C.N.T. A.I.T. espagnole
DU MARDI 30 NOVEMBRE AU JEUDI 2 DECEMBRE
HALL DE GERGOVIA. Fac de Lettres. Clermont ferrand.
Pour la première fois de ma vie, je me trouvais dans une ville où la classe ouvrière tenait les rênes.
Ainsi parlait Georges Orwell après voir vu, à Barcelone, le résultat de l'offensive populaire contre l'armée régulière.
Participant à cette offensive les militant-e-s C.N.T. A.I.T. s'illustrèrent en prêtant main forte au contrôle de Barcelone par le peuple et en faisant tendre tous
les efforts vers une société anarchiste (déjà quelque peu expérimentée sous de la Deuxième République, après le soulèvement des Asturies).Bientôt toutes les activités furent collectivisées, les
drapeaux « rouges et noirs » fleurirent de partout et les symboles de l'Église furent jetés à bas par la population enfin libérée.
Ce succès en Catalogne ne fut pas isolé. Il fut suivit d'insurrections et de prises en main
autogestionnaires un peu partout en Espagne : Asturies, Andalousie, Levant, Valence, Extremadura, Castille, Aragon. Les milicien-ne-s anarchistes catalan-ne-s partirent spontanément dans cette
dernière région pour soutenir les soulèvements paysans et la création des 450 collectivités libertaires (75 % des terres). Ils créèrent le Conseil régional de Défense de l'Aragon et le Conseil
National de Défense : le gouvernement n'étaient plus qu'une entité fantoche, le peuple seul était moteur de l'Histoire. Mais l'expérience libertaire se heurta à la fois à l'avancée fasciste et au
contrôle soviétique du gouvernement républicain, qui se retrouva bientôt remplacé, et fit arrêter, torturer, liquider les militant-e-s anarchistes et les collectivistes qui protégeaient leurs
acquis révolutionnaires. Les Journées de Mai 1937 illustrent parfaitement les horreurs et la fourberie des agents
staliniens.
L’histoire de la C.N.T. A.I.T. est indiscutablement liée à l'histoire contemporaine et il nous à semblé difficile de faire moins que cette exposition. En Espagne, où le silence des livres sur ce sujet fait qu'aujourd'hui peu d'étudiant-e-s connaissent l'existence des faits historiques, ou en France où beaucoup de ses militant-e-s fuirent une tragique dictature, l'Histoire mérite de retrouver cette mémoire d'un peuple ouvrant une brèche dans les conventions et les stéréotypes frappant l'anarchisme.
Cette exposition célèbre le centenaire de la Confederación Nacional del Trabajo, syndicat anarchiste, et dévoile l'influence de
l'anarchosyndicalisme pendant la Guerre Civile espagnole. Enfin, elle atteste de ce que personne n'ose croire : une société libérée de ses chaînes est possible. L'autogestion a non seulement
fonctionné, mais elle a réussi le pari d'harmoniser l'individu et la collectivité dans une marche hpinistorique transcendant les réalités morbides du capitalisme.