Du beef au Bief
Publié le 8 Avril 2010
Ambert et son centre culturel international, le BIEF, ne craint pas l’avant garde et présente en ce moment une exposition sur des artistes méconnus, et célèbres à la fois. Si tout le monde connaît Erro dont l’œuvre a été encensé récemment par Guy Scarpetta dans le Monde Diplomatique ( Aout 2009), on ignore souvent les noms de Viallat ou Villegle.
Erro est né islandais et a eu la sympathique idée de changer de nom, sinon il faudrait écorcher le sien ou le taire car vous le savez, le Francoué n’a pas la langue internationale. Donc, Gudmundur Gudmundsson, après les Beaux arts à Oslo rencontre à Florence le fameux Jean Jacques Lebel, un surréaliste, avec lequel il attaquera de manière originale l’ordre établi.
Montage hétéroclite, surgissement de cadres rouges chinois dans des décors de confort américain, voilà ce qu’on connaît souvent d’ Erro qui détournera aussi la bande dessinée. Erro détourne la réalité politique dans des formes proches de la bande dessinée et utilise une « rage érotique » celle dont parlait Georges Bataille, « outrepassant par son déchainement l’ordre des formes stables et harmonieuses. »
L’autre artiste a découvrir c’est Villegle, plasticien breton. Lui, utilise le collage et rassemble des fragments. Il se définit comme un « Lacérateur anonyme ». Sa rencontre avec les lettristes lui ouvre des portes. Il crée à partir de 1960 un alphabet sociopolitique, dont on peut voir une des œuvres sous la mairie d’Ambert, une ville où Villegle n’aurait pu exercer son art car il n’existe aucun panneau d’affichage autorisé, et ceci malgré l’arrivée de la gauche, qui nous achève en ce printemps avec des placards électroniques hors de prix et qui sont des outils de domination unilatéraux.
C’est l’empreinte qui intéresse Viallat, le troisième peintre, fondateur du groupe Support/Surfaces. Il critique de manière radicale l’abstraction lyrique et géométrique. Son travail est une répétition d’une forme simple. Il gratte la matière, sa densité autant que son intensité. Le sérigraphiste Jean Villevieille en sait quelque chose comme il l’expliqua lors de l’inauguration de cette exposition qui se termine le 15 avril. Enfin c’est l’œuvre d’une stéphanoise, Mademoiselle Petit, peintre et sérigraphiste qui conclut cette exposition visible encore quelques jours…