La France cherche à acheter l 'ADN des Faucheurs

Publié le 25 Novembre 2011

L’État cherche à éviter une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme


 


Des faucheurs ni à ficher ni à acheter

ADN. L’État cherche à éviter une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme.

L’État français serait-il en mauvaise posture concernant la légalité du fichage des empreintes génétiques ? C’est ce qu’espèrent 34 militants antifichage, à qui le gouvernement vient de proposer des indemnités financières. Tous sont des faucheurs volontaires en lutte contre la prise et la conservation de leur ADN au sein du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg), créé en 1998. Leur combat les a menés à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qu’ils ont saisie d’une requête visant à condamner la France pour violation de la Convention européenne des droits de l’homme.

Salive. En octobre, ils ont reçu une proposition — confidentielle — de règlement amiable en provenance du ministère des Affaires étrangères, afin qu’ils abandonnent leurs poursuites. Tous ont refusé et ont décidé de le faire savoir aujourd’hui. Ils ont le soutien de la Ligue des droits de l’homme (LDH), du Syndicat des avocats de France (SAF) et du Syndicat de la magistrature (SM). « Ce n’est pas une question d’argent, ce fichier est un problème de droits de l’homme. Aujourd’hui, il contient 1,7 million de personnes. C’est un fichier de population, pas un simple fichier de police », prévient le Gardois Benjamin Deceuninck, premier militant à avoir refusé de donner sa salive aux gendarmes en 2006. Lui qui a essuyé quatre procès et une condamnation à 500 euros d’amende pour ce refus, n’a pas craqué devant les 14’700 euros proposés. « L’État veut éviter une condamnation, estime son avocat, Jean-Jacques Gandini. Mais nous voulons un jugement sur le fond. Si le gouvernement est condamné, ça fera jurisprudence. » François Mandil, faucheur du Haut-Doubs, a ri quand il a reçu l’offre de l’État, 1500 euros : « Ont-ils vraiment perçu le sens de notre démarche ? Nous remettons en cause le principe même du fichage systématique. »

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Rédigé par Louise Mitchell

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