Marx le rigolo.
Publié le 17 Janvier 2010
Daniel Bensaïd avait au moins un don, hormis celui de pédaler dans les concepts comme sur son vélo, c’était celui d ‘éclairer la pensée, et celle de Marx qui n’est pas le penseur ardu qu’on peut attendre. Dans Marx Mode d’emploi, Daniel a rendu le philosophe allemand humain, tout simplement et sa pensée liquide comme l’eau d’une bonne source qui ne se serait pas figé dans le stalinisme. Engels y est dépeint comme un jeune étudiant exalté se morfondant à Brême, Engels « au rire éternel » ça vous change des Andropov et des Deng Xiao Ping avec leurs faces ridées et leurs camps de rééducation.
Daniel Bensaïd reprend à son compte l’idée que le Capital était « un coup de tonnerre inaudible » L’étudiant Marx écumant les tavernes de Bonn trouva à s’employer à Cologne où il fonde la Gazette rhénane qui est censuré. Le jeune Marx s’exclame alors : « Il est mauvais d’assurer des taches serviles, fut ce au nom de la liberté et de se battre à coups d’épingle et non à coups de massues. J’en ai assez de l’hypocrisie, de la sottise, de l’autorité brutale. »
En 1845, il devient apatride et renonce à la nationalité prussienne. Fort, non ? Sa critique est plus acerbe : « Je veux dire la critique radicale de tout l’ordre existant, radicale en ce sens qu’elle n’a pas peur de ses propres résultats, pas plus que des conflits avec les puissances établies. » A redécouvrir Marx sous Bensaïd, on trouve un personnage bouillant et loin du cliché où il a été figé au côté de Lénine et d’Engels. Son communisme est « le mouvement réel qui supprime l’ordre existant » ce en quoi il a été repris par Debord.
La suite est dans le livre…je vais pas tout faire non plus…