Pancho Villa: Une biographie très à cheval.

Publié le 7 Décembre 2009

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Pancho Villa. Roman d’une vie. Paco Ignacio Taibo II. Payot 2009 Traduction Claude Bleton.

« Viva Villa ! Bande de salauds ! » Ca c’est un cri du cœur original. Combien de fois sera-t-il hurlé à pleins poumons pour donner du courage aux troupes villistes, à ces rapides charges de cavaliers dans le Nord du Mexique. Paco Ignacio Taibo, plus connu pour sa biographie du Che Guevara, a travaillé quatre ans pour  réaliser cette biographie d’un des personnages les plus aimés et respectés du Mexique avec Emiliano Zapata, le paysan du Sud qui lui tenait à une chose plus qu’ aucune autre : redistribuer la terre. A titre d’exemple, dans le Nord, la famille Terrazas possédait pour elle même plus de 200 000 hectares de terres.  Lors de leur rencontre à Mexico en 1914, Zapata dira : « Je crois qu’ à avenir la vie sera différente, sinon nous ne lâcherons pas les Mauser que nous avons. » Quatre vingt ans plus tard, des Zapatistes reprendront ces fusils au Chiapas. L’esprit de Zapata n’est effectivement pas mort.

   Villa était un bandit, pas tout à fait un Robin des Bois mais un cavalier du côté des pauvres. « Villa, dans sa période de bandolero, n’essaya jamais un programme social, n’essaya jamais de changer le monde au-delà de la portée de son fusil… » En 1910 il n’était qu’un bandit pauvre et pas très favorisé. Tout le contraire sa  légende, si vous me suivez. C’est Abraham Gonzalez, l’homme de Madéro dans le Chihuahua qui va révéler Villa. Nous sommes en 1910 dans le nord du Mexique gouverné alors par Porfirio Diaz.

Soutenant le gouvernement Madero, la chute de celui-ci le précipite dans une nouvelle rébellion. Il va mener campagne  avec la division del Norte, contre le pouvoir central de Huerta. Là commence le mythe car Villa va employer une cavalerie rapide aux charges fulgurantes capable de tirer à cheval et des convois de trains où les chevaux auront d’ailleurs les meilleures places ; les hommes étant parqués sur les toits.

 La première bataille importante sera celle de Ciudad Juarez, ville où le crime est abondant de nos jours, qu’il prend grâce au train de Troie. Pancho Villa se marie souvent entre les batailles; le curé lui demande : « Colonel, voulez-vous vous confesser ? – Ecoutez, pour me confesser, il vous faudrait au moins huit jours, et la noce est pour demain. »

   Torréon sera sa plus grande bataille contre les fédéraux. On y verra à l’ouvre le génie stratégique de Villa et la bravoure de cette troupe d’élite que fut « les Dorados », les meilleurs cavaliers villistes. On remarquera que la conviction de se battre pour une cause juste fut le moteur de bien des victoires, en sus des Trenta-Trenta et des Mausers. Paco Ignacio Taibo II n’oublie jamais de revenir sur l’intendance de cette révolution, et décrit minutieusement le nombre de munitions récupérées, les armes confisquées, et le nombre de chapeaux nécessaires, de rations alimentaires. La guerre ne se gagne que si une armée est nourrie et armée. Cela, Villa et ses hommes savaient le faire. Le général appliquait aussi la Loi Séche, l’interdiction de boire de l’alcool car Villa détestait l’ alcool dont il savait qu’il était source de désordre dans une guerre révolutionnaire.

Paco Ignacio taibo, auteur reconnu de polars et directeur de la collection l ‘Atinoir à l’Ecailler du Sud (Marseille), a réussi là une belle reconstitution de la vie d’un des héros les plus populaires du Mexique, se détachant de son mythe et replaçant Pancho Villa dans son élément naturel : le peuple du Nord, les enfants des éleveurs pauvres de bétail et des descendants des indiens méprisés par les Espagnols.

Rédigé par goby

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