Toi aussi tu as des armes...bof
Publié le 12 Janvier 2012
Toi aussi tu as des armes. Poésie et politique. Collectif. La
Fabrique 2011. 12 euros.
Disons le tout net : il manque quelque chose à ce livre. L’unité d’abord. D’un auteur à l’autre pas de fil conducteur mais une juxtaposition de contributions très différentes de points de vue ou de lâchers prises. Ensuite il manque de munitions dans ces textes, théoriques d’abord, mais aussi d’expériences. On y parle de Tarnac à plusieurs reprises comme d’un talisman mais pour dire quoi ? Gleize cite Tiqqun ou l’Insurrection qui vient pour dire que les unités autonomes sont les véritables forces contre l ‘Empire. Pourquoi, comment ? Pas de réponse ; Seul compte la conclusion sortie dont on ne sait où : La question révolutionnaire est désormais une question musicale. Je dois manquer d’oreille. Le texte de Bailly s’appuie sur le mot camarade de Mallarmé mais ca ne suffit pas à toucher. Manque à ces textes une portée ou une sincérité, un langage révolutionnaire, un langagement comme dit Gleize. Celui de Marcos qu’il cite, va tremper sa plume dans les légendes indiennes comme dans un univers magique qui dépasse les idéologies. Le reste ne s’explique pas ; il se vit encore au Chiapas. Manque peut-être à nos poètes à réciter des vers à des publics inédits, à chanter, déclamer dans les transports. Que sais je. Nous avons tous des armes. Celles de ce livre manquent aux combattants qui cherchent de nouveaux mots obus, des roquettes qui ne mentent pas.