Tunisie, Lettre de Sousse.
Publié le 21 Janvier 2011
Aslama,
Et une semaine, une!!!
Eh oui, 7 jours depuis le départ du tyran, et les tunisiens sont toujours dans la rue! Ils ne veulent pas se laisser voler leur révolution par ceux-là même qui les ont humiliés et volés pendant
si longtemps alors ils restent dans la rue, obtenant tel jour la démission d'un ministre, tel autre jour, l'arrachage du symbole du RCD qui osait encore trôner en haut du bâtiment qui abritait le
parti de Ben Ali (notez les initiales du tyran déchu!!!), encore tel autre la "démission" du pdg de la Star (Cie d'assurance) à coups de pompes dans le cul, l'assignation "à résidence" (en fait
il a juste le droit de rentrer dans son bureau pour signer les chèques et les fiches de paie) du patron d'un des journaux à la botte du pouvoir...
Bref, il ne faut pas trop écouter les infos qui ne parlent que des exactions, des pillages, des tirs à balles réelles, des sbires de Ben Ali qui voulaient mettre le pays à feu et à sang (aux
dernières nouvelles ils se seraient, pour beaucoup, réfugiés dans le sud tunisien, espérant passer en Algérie ou en Libye) car même s'ils ont eu lieu, la priorité reste bien de savoir ce qui va
se passer dans les semaines et les mois à venir. A Sousse il est évident que le départ des touristes a mis un frein à l'activité économique de la ville et même de la région et que les
conséquences pour les tunisiens risquent d'apparaître dès la fin du mois sur les fiches de paie!!! L'activité économique concernant les usines, fabriques et autres unités de production risque
elle aussi de pâtir d'une situation instable, sachant qu'il n'avait pas fallu attendre la révolution pour que les voyant soient déjà dans le orange (la crise de 2008 a eu des conséquences dans
les pays émergents, forcément!).
En tout cas le souhait de tous est que tout reparte au plus vite, avec, bien sûr, des attentes importantes au niveau social (sécu, chomage, santé, éducation...).
Les écoles tunisiennes rouvrent lundi et les écoles françaises.....NON.
Au départ l'ambassadeur, les parents, la direction ne voulaient pas rouvrir avant les écoles tunisiennes de peur d'être pris pour "cibles". A la limite ça peut se comprendre, car à Tunis la
situation reste tendue et on ne va pas faire prendre de risques aux gamins, mais à l'arrivée on va reprendre après tout le monde et ça fait assez "allez-y, reprenez avant et si c'est calme, on y
retourne nous aussi".
Bref les gentils politiques ou diplomates français donneurs de leçon, que ce soit en France ou ici, sont NULS, il faut le répéter.
Bonne journée.