Les mots pièges de la Politique

Publié le 20 Octobre 2017

 Philippe Blanchet, Textuel, Paris, 2017, 12, 90 euros, 11 pages.

 

Le socio-linguiste Philippe Blanchet revient sur quelques mots et leurs usages actuels. Entre autres, il examine le terme Laïcité qui employé à tout va, et rappelant les valeurs républicaines, est devenu un missile anti musulman. Le mot Radicalisation qui vient de radical et donc de racine, c’est cornélien à vrai dire, se traduit désormais par un changement de comportement qui peut conduire à l’extrémisme et au terrorisme.  Si ce comportement est celui de musulmans alors il y a radicalisation, c’est à dire retour à la racine, donc à l’essence même du musulman, qui est resté un fellagha, donc un ennemi. Heureusement Blanchet montre qu’une autre catégorie peut entrer dans cette définition  du Ministère de l’éducation Nationale, « action de rendre plus intransigeant le discours ou l’action »  Il serait temps pour Jean Luc Mélenchon ou François Ruffin, insoumis, et le mot est déjà fort,  de prendre le chemin de la déradicalisation. Le terme ne consiste pas à arracher les radis des poches des puissants, car un sous mis sous la table, c’est déjà le début des incivilités. Ce terme est exploré  par l’auteur et  on sait l’emploi qu’il a été fait. En citant Bourdieu, il rappelle que le pouvoir en nommant les choses les structure et leur donne corps et vérité. Philippe Blanchet examine le terme Incivilités en tant qu’usager de la SNCF et constate cette neutralisation des comportements. Les hold-up sémantiques tuent mots à mots.

Rédigé par Louise Mitchell

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