Justice est faite.
Publié le 26 Novembre 2009
Jean Meckert. Justice est faite. Éditions
Joëlle Losfeld. 2008. 10 E.
« La marche d’escalier bourgeois ne dépasse pas les dix-huit centimètres, mais pour l’escalier de service, on « tolère jusqu’à cinq centimètres de plus. » C’est une sentence que se fait à la fin l’accusée de ce procès. Le ton de ce polar est donné.
Justice est faite c’est avant tout l’excellent film d’André Cayatte scénarisé par Charles Spaak, un film au couteau, précis et juste dénonçant les moeurs sociales comme le firent les encyclopédistes.
Chez Jean Meckert, dont je ne vous parlerai pas sur le coté autobiographique, c’est la justesse des relations sociales avec des textes envoyés comme chez Audiard. Dans ce roman camarade lecteur, tu jubileras dans le scène entre le vieux militaire qui a dit non à Lyautey et ses filles qui ramènent un mari potentiel, tu souriras largement de cette envolée de bois verts entre le jeune prétendant entiché de sa sauce de lapin au porto, qui inflige au vieux militaire une défaite qu’il a lui-même acceptée d’office après les suppliques de sa femme souhaitant donner une chance de mariage à ses filles. Outre quelques scènes fort drôles, c’est une plongée par tableaux dans le quotidien de jurés qui sont là pour décider si une femme a eu raison d’euthanasier un patron de l’industrie, ou « d’ eutalasier », comme jure Evariste, paysan qui s’indigne de cette société prenant des bains trois fois par jour et qui a un amant.