Le bar de la Rince
Publié le 29 Novembre 2009
C’est au bar de la Rince, à Belsunce, le quartier des Chabanis à Marseille où j’attendais Emilie de Ni putes Ni victimes que tout a commencé. D’abord y a eu ce type bourré mais bourré, qui a mis deux euros dans le juke-box. Là s’est élevé un air de souvenir, la voix de Jean Guidoni qui chantait Djemila, vous savez, « Elle chantait dans un groupe de lesbiennes…nannana » et tout ça et le type qui est amoureux d’elle et c’est beau quoi . Rien, mais alors rien à voir avec tout le bruit qui passe sur les radios jeunes avec la Skyroulette à tourner ! Moi j’ai pensé que le bar de la Rince avait perdu des lettres et qu’autrefois c’était le bar de la Princesse. Donc l’Emilie, elle arrivait pas ! Alors je fredonnais : « Plus de caresses moins de CRS » et tout ça sans même tapoter ma cigarette sur le rebord du cendrier, sentant mon arme encore fumante contre ma poitrine, vu que je fume pas et que les romans policiers à part Voyage au bout de la nuit, je peux pas les blairer. Alors, quand tout à coup, subitement, un type est entré dans le bar a demandé son chemin et il est reparti. Pfuit ! L’aventure c’était pas gagné cette après midi. Non simplement Ahmed , un habitué pas très coranique, est arrivé et a dit que que les expulsés de la rue Fiocca refusaient d’aller dans leur nouvelle demeure , comme il a dit parce qu’il s’applique Ahmed sur le français. Alors comme Emilie commençait à me courir sur le haricot, passez-moi la vulgarité légumière, je suis allé suivre l’évènement avant que le triste clown de Chirac confirme qu’il nous offrait une révolution comme Papa Degaulle. Les aventuriers du jour c’était le Réseau d’éducation cent frontières et le Collectif des cent papiers. Que des cents ! Ca fait du monde, remarque bien. En fait, vu que vous avez pas trop le temps vu qu’il y a un documentaire super bien sur la crise des jeunes à la télé, je vous raconte la fin, hein ? Ca va comme ça ! Les familles avec des enfants plus les gentils accompagnateurs, pas comme dans les bronzés, hein ? ont occupé le bâtiment de l’Office des Migrations Internationales, un énorme bâtiment vide à St Charles, tout ça dans le noir, à la va vite. Après la BAC est arrivée, en forme comme d’habitude, faisant crisser les pneus, sortant les matraques direct comme dans les attaques de banque. D’abord une remarque : qui paye les pneus, hein ? Deux, en ce moment ils font des interventions comme ça à tout bout de champ ; comme l’autre jour à Castellane en frappant au hasard des étudiants et en ramenant 20 jeunes comme ça « pour l’exemple » ! L’exemple de quoi ? Au fait ! Mon sang n’a fait qu’un tour, j’ai appelé mon rédacteur en chef qui à mon avis, vu que c’était vendredi, avait pris une méchante cuite ? Mais néanmoins il su me rappeler mon devoir et vu que j’étais là m’a dit de rester au poste jusqu’au dénouement. Plus tard j’ai appris qu’il avait tenté de sniffer de la fourme D’Ambert avec une paille .Là j’ai compris… Enfin les familles ont pu passé la nuit dans cet hôtel improvisé, sous l’escorte bienveillante des « cent » et le lendemain le préfet leur offrait son appartement de fonction vu que la révolution avait tout changé mais alors tout ! Incroyable.