Caisse à savons.

Publié le 26 Novembre 2009

savon.jpg  Caisse à savons.

 

 

Des descentes propres sur une piste rurale. Saint Amant Roche Savine accueillait son championnat régional de Caisses à savons ce 31 mai 2009. Incroyable journée.

 

   Le village de Saint Amant Roche Savine perché à 900 mètres sur le haut Livradois a toujours su se distinguer. Festival de Rock dans les années 80, accueil en résidence de la troupe d’agit prop Jolie Môme, rencontres de chorales révolutionnaires, et son inracontable Fête patro-mâle en août.

Désormais, dans les mémoires de demain et les grimoires futurs, on parlera de cette course insolite et régionale qui a eu lieu dans la descente la plus périlleuse de Saint Amant Roche  Savine.

   Le responsable de cette folle aventure, c’est encore Bobby, l’infatigable ébéniste du village.Rocker toujours  et indéfectible Oncle Donald de ses neveux, Bobby a fabriqué cinq « cariolis », ces véhicules d’un mètre de long entièrement en bois, mis à part les pneus comme me le raconte son copilote, Pierre, dit Paulo, tout en sueur, après les essais du matin.

   Si à St Amant, on ne se prend pas au sérieux, ce n’est pas le cas de tous les champions venus même du Sud-Ouest. Au micro dés le matin, Guy, Simone et Léon alternent les commentaires perfides et les bons jeux de mots décalés sur la piste. Cédric, le fils de la célèbre boulangère de Saint Amant, porte un costume de mariage daté des meilleurs scores du Parti Communiste (1950 ?), ) mais il est quasiment nu en dessous. Sous des grosses lunettes de soleil ayant appartenu à Mike Brandt, il s’en prend aux jeunes du village qui font des tête- décevants. Simone est impeccable, dans des tons verts ; elle sert pour chacun une petite histoire. Elle doit avoir ses fiches …

 

    Après les essais du matin, Léon et Simone nous rappellent l’urgence de se réhydrater aux buvettes des « Trois cuisses » et à celle de « Carla ».  Cette bonté d’âme qui provient d’une éducation religieuse stricte reçue à coups de pied au cul, quand André Chassaigne, le député du Front de gauche, officiait comme principal de collège, se ressent dans les trémolos enchanteurs de leurs voix. Les enfants doivent être tenus en laisse, nous serine-t-on , comme un message gouvernemental.

 

   Les concurrents sont pour l’essentiel originaires de la Loire. Pas une femme n’est inscrite, et chez les enfants ce ne sont que des garçons qui se prêtent a cette descente assez dangereuse, 9%, comme quoi les sports mécaniques, tout écologiques qu’ils soient,  restent confinés à une catégorie.

 

   L’après-midi, sous la chaleur d’un dernier jour de mai, les buvettes font le plein de férus de caisses à savon, mais de véritables amateurs de boissons riches en levure, cela est une certitude, qu’on a aucun mal à reconnaître vu la peine qu’ont certains à tenir dans la descente. ( En l’occurrence, cela en fait deux) « On est même venu de Saint Germain l’Herm », s’exclame Isabelle (Un bled tenu aussi par les bolcheviques à 10 kms) car c’est un exploit de faire sortir les villages circonvoisins, plus que de recevoir des Parisiens ou de Belges, toujours friands de hardiesses agricoles.( On les comprend…) et d’exploits champêtres.

 

   La victoire fut pour tous, comme chez Jacques Martin. Notamment pour Bobby, satisfait de la sécurité de sa descente, qui ne fit aucun bléssé. Ce fut probablement le véritable exploit de cette journée.

 

CG.

Rédigé par goby

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