Emeutes sans chorba.

Publié le 12 Janvier 2011

Depuis le 17 décembre, les évènements en Tunisie tournent à la déstabilisation du pouvoir autocratique du président Ben Ali. Depuis la tentative de suicide d’un jeune vendeur de légumes, à bout devant les tracasseries policières, s’immolant par le feu dans son village de Sidi Bouzid,  la révolte s’est étendue à tout le pays. Les heurts avec les forces de sécurité ont encore causé la mort de plusieurs personnes dans la nuit du 8 au 9 janvier près de Kasserine suite à d’autres tentatives d’immolation par le feu dans cette ville et à Sidi Bouzid. On connaît les causes du mal tunisien : une opposition en grande partie noyautée par les islamistes, eux-mêmes instrumentalisés par le pouvoir, une jeunesse, certes diplômée, mais aussi confrontée au chômage et infantilisée par le verrouillage de la société, une économie de services aux mains de quelques grandes firmes, en particulier françaises, adoubées par le clan Ben Ali pour le seul profit de celui-ci.

Ce qui change dans le mouvement de contestation actuelle, semble-t-il, c’est la volonté du peuple tunisien de ne plus  se taire même en face d’une répression féroce. Si le black out fut total sur les médias tunisiens, Facebook a servi de mode d’information sur la révolte de décembre. «  On utilise des proxys pour diffuser des vidéos », m’explique Nedjma, étudiante tunisienne.  Alors que le bilan est déjà de trois morts le 3 janvier,  un appel national à la grève est lancé dans les lycées par Internet. Une cyber-guerre entre des groupes d’activistes et la censure de l’Agence Tunisienne d’Internet est en marche. Nabil, étudiant en France, nous explique comment il suit fébrilement ce qu’il appelle déjà une révolution. « La Tunisie, il ne s’y passe d’habitude jamais rien ».  Depuis le 19 décembre, il ne décroche plus de  Facebook mis à part pour sauter en l’air. Ceci malgré les ciseaux d’Ammar, du nom d’un ancien ministre de l’Intérieur puis des Communications de sinistre mémoire. Malgré le danger d’être compté comme opposant, il échange avec d’autre internautes ses impressions sur son pays : «  Ben Ali a confisqué le pouvoir et avec sa femme, ils confisquent toute l’économie. »


La suite à lire dans CQFD janvier dés Vendredi en Kiosque dans toute la France et à Sidi Bouzi.

Rédigé par Ben Alo

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