Karaoké Chorale Taume 2.

Publié le 14 Mai 2014

De passage entre une ville du Sud Ouest et Piadena en Italie, les auteurs du mythique recueil se sont épanchés sur mon épaule.

 

Louise Mitchell interview Jean Louis Chautard, Pierre Bénichou et Marie Grospierre (Gérard – aphone - est excusé), qui sélectionnent et maquettent la suite du Karaoké Chorale « Carnet de chants politiques et d'amours ». La nouvelle édition est prévue au printemps. Pour cet évènement bientôt dans les bacs, nous n'avons pas lésiné sur l’escroquerie verbale et la fausse nouvelle.

 

Louise : Est ce que dans ce nouvel opus, Allez les Verts, chanson révolutionnaire du premier tome, a été remplacée par Allez les Rouges et Noirs ?

 

JL : Ca y est, ça commence : direct, une vanne sur les chants de stade ! Alors nous, niveau couleurs, va à la limite pour le rouge criard et le noir braillant. Mais de toute manière on n'a pas eu les droits pour les chants du stade Toulousain et du stade Rennais...

P: Pour aller droit au but de ta question (par les gradins), on mélange des chansons de variétés et d'avariétés, mais sur les hymnes de supporters, il faut bien reconnaître que de Tunis à Port Saïd, ils ont écrit quelques belles pages des révolutions ces dernières années, non ?

 

Louise : Quel est votre secret ?

 

JL : Je sais rien mais je dirai tout. Mais pour revenir à ta question précédente : tu disais "allez, les verres", ça veut dire que tu payes ta tournée ? (il appelle le serveur)

 

Louise : Quel est votre secret pour découvrir toutes ces perles de la chanson engagée, de Pelloutier à Pélissard, et du Père Duchène à l'Appel du Komiterm, une des chansons les plus tendres du recueil ?

 

M : Heureuse de voir qu'il y a encore des auditeurs sensibles à la tendresse de cette appel... C'est du lourd, quand même ! A la sortie du Karaoke Chorale, nous avons reçu beaucoup de propositions de chansons. C'était super au début, recevoir des CD, échanger des tubes, mais à la fin on a dû arrêter d'en ajouter, il aurait fallu l'imprimer sur papier bible...

JL : … alors que déjà tous nos chemins menaient au rhums...

P : Ca c'était nul comme blague, Jean Louis.

 

Louise : Quelle est la langue la plus utilisée dans ce taume Deux ? Connaissant vos goûts pour l'insurrection carabinée…le grec je parie…le farsi ?

 

JL : Si on parle autant du grand soir, c'est qu'on n'est pas du matin ! C'est sûr qu'on a du se farcir pas mal de chansons politiques, mais de là à choper une insurrection carabinée... c'est grave docteur ?

M : On n'a pas encore bouclé le menu. A vue de nez il y aura du grec, certes et beaucoup de chansons occitanes, mais also des langues plus rares, comme l'anglais.

 

Louise : « Consultez-vous vos amis d ‘Europe Alcoologie Les Verres pour établir le corpus ?

 

(Rires)

 

J-L : (Il se ressert, avec une paille cette fois)… Effectivement, nous sommes portés sur l'acoologie politique, mais nous pratiquons également la propagande par l'amphet'...

 

Louise : Vous avez particulièrement travaillé un aspect cette fois ? Les partitions ? Les dessins.

 

J-L : C'est que travailler, c'est trop dur. On a surtout testé la marchandise, c'est qu'une chanson, c'est pas comme de l'huile d'olive : à la première pression, c'est bien, mais ça ne donne le meilleur qu'à la 3eme ou 4eme.

M : En gros, on a donc remis tout ce qu'on pouvait à plus tard, et pour le reste on a fait des commissions.

P : Comme vous pouvez le constater, ça s'est donc fait tout seul.

 

 

L : Y a t-il un chapitre particulier pour la Commune, la chanson de prisonniers, la chanson bretonne ou Gersoise dont vous êtes friands ?

 

J-L (en pleine montée) : Pour aller danser dans le Gers.. ? Sur de la musique pop ? Non, je ne mange jamais de friand breton entre les repas.

P : Jean Louis est fatigué, je crois... Non, pas de chapitre particulier, mais on a gardé le principe d'un index supplémentaire, par thème. Il va sans dire qu'on a trouvé des pépites communardes (de l'or en barricade!) et des tubes de prisons (notamment L'hymme tes barreaux).

 

L : Dans le first album, vous commencez par 1er Mai, pourquoi, vous travaillez maintenant ? Vous dites aussi que votre carrière a démarré à Lille, racontez un peu…

 

P : Mais c'est une obsession cette histoire de travail ! Avec Jean-Louis et Gérard on sortait pas mal, à l'époque. On était moins chant polyphonique que concert « bière et punk ». Une fois, en allant a un concert des formidables René Binamé (attention, page de pub), la tuile !, panne d'essence : à trois sur un scooter, on a fini par brailler Boby Lapointe et les Bérus à la tierce... Puisqu'on vous le dit, la crise économique, c'est fantastique, la décadence, c'est la bonne ambiance ! "Au dessus de Lille il y a...tu sais bien

 

L : Tu termines le recueil précédent par Zog Nit Keynmol ?

 

P : Pas mieux cette fois, c'est l'implacable ordre alphabétique...

M : Ca nous allait bien de finir par un chant écrit pendant l'insurrection du ghetto de Varsovie, en 1943. Face à une armée, une poignée d'humains au pied du mur qui se disent que tant qu'à y passer... Ca nous causait assez..

 

Et dans le nouveau il y a quoi ?

(Ils ressortent le Karaoke Chorale, et lisent la présentation du premier tome) : Toujours « beaucoup de chants politiques et d'amours, parce qu'on voudrait bien mourir vivants. Mais aussi des airs marins, c'est bon pour les bronches, et des tristes, pour déchanter en chantant ; des chansons encagées pour en finir avec toutes les taules, des joyeuses pour la route et des teigneuses pour garder en tête l'aversion originale ; d'autres encore sur le travail, c'est qu'on a vite fait de perdre sa vie à la gagner. Enfin, des spécimens de “chansons sociales”, du wock'n woll, du médiéval, de la variétoche et du ska reggae, des valses - même des javas, les enfants !, tout ça en plein de langues étrangères, l'international c'est un genre ».

 

Louise: Et côté du PEL et des Sicav comment avez vous fait cette titrisation?

 

Jean Louis, goguenard: Cela n'a pas couté un kopec. ce fut sous forme de souscription: 15 000 exemplaires , c'est tout. A but non lucratif.

 

 

 

J-L : ...Comprenne qui pourrave...

P : Au final, ça donne un pavé, et les pavés ça peut toujours servir !

 

M : Mais il n'y aura pas de rap cette fois non plus, même si on en écoute beaucoup, Singe des rues par exemple (la pub, si t'en reveux y en re-n'a). Ca nous parle, mais leurs textes supportaient vraiment mal la reprise polyphonique...

 

 

Jeu: Retrouve la référence à Misère dans le 1er passage.

2/ Il y aurait selon les milieux autorisées des chansons en Tzotzil et en turc dans le nouvel opus. La chanson canadienne sera à l'honneur, dit on de source sure.

Rédigé par Louise Mitchell

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julie 09/06/2014 11:29

bonjour!! je fais partie de la chorale militante "le cri du choeur" à Montpellier! Nous avons eu la chance de passer le week end dernier 2 jours avec la chorale de marseille "la lutte enchantée" qui nous a fait découvrir le karaoké chorale, super livre que nous aimerions avoir pour étoffer notre répertoire!! je voulais savoir où nous pourrions nous procurer le tome 1 puis dans le futur le tome 2 quand il sera prêt!! merci!! choralement vôtre!!

Glop 17/06/2014 01:04

Soirée toulousaine, ça chante, je m'approche, je vois des carnets de chant, dont une "maquette du tome deux" me dit-on. Je crois bien que ces deux chansons s'y trouvaient...

Pas glop 09/06/2014 15:41

En effet ce chef d'oeuvre est en passe d'être réédité. Y trouvera ton les Fracas de la Plaine ou A la Ciotat, des succés révolutionnaires des années 2000...?

Louise 09/06/2014 15:39

Quand il sortira, on vous le fera savoir. Faudra passer commande...