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Publié le 4 Juin 2012

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 c'est là :http://www.lapointelibertaire.org/actualites

 

Assemblée populaire autonome du quartier
Pointe-Saint-Charles

« Le conseil des casseroles »

Lois spéciales, loi sur l’immigration, réforme de l’assurance chômage, hausse des frais de scolarité, Plan nord, crise économique, perte de confiance dans le gouvernement… Il y en a des raisons pour sortir dans la rue exprimer notre colère à coup de casseroles! Depuis plus d’une semaine, nous sommes des dizaines à la Pointe à le faire chaque soir à 20h00.

Vous, pourquoi sortez-vous avec votre casserole? Venez en parler avec vos voisin.e.s et vos camarades de tintamarre lors de la première Assemblée Populaire Autonome de Quartier (APAQ) de la Pointe!

Lundi le 4 juin à 18h00, au Centre Lorne, 2390 rue Ryde.

Une garderie sera disponible sur place pour les enfants qui préféreraient jouer. Il y aura aussi de la nourriture gratuite. L’assemblée se termine à 20h00 pour qu’on puisse sortir avec nos casseroles ensemble!

LA GRÈVE EST ÉTUDIANTE, LA LUTTE EST POPULAIRE!

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Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Montréal Story.

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Publié le 17 Février 2012

Vendredi le 24 février
le Bâtiment 7 se dévoile !

Soirée d'information, de spectacles et de partage de rêves

 


Vous êtes curieux de ce qu'est le Bâtiment 7, ce futur pôle d'art, de culture, d'activités sociales et politiques,
d'espaces de production et de services de proximité à Pointe-Saint-Charles ?(Montreal)
Vous désirez connaître son nom, sa vision, les projets qui y émergent, ses scénarios d'aménagement, ses grands défis, ses prochaines étapes ?


 
17h-19h : Tout ce que vous voulez savoir sur le projet du Bâtiment 7
19h et plus : Trio de Jazz, Friend of All the World et les Sofi L'Anthrope (Folk)
Et le Choeur Libertaire de la Pointe!




Buffet gratuit - Bar sur place - Enfants bienvenus (halte-garderie)
Salle Paradoxe : 255 rue Ash, Pointe-Saint-Charles

Une invitation du Collectif 7 à nous et du FARMM



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Et, pour vous inspirer, quelques mots sur le projet du Bâtiment 7 :

Le Collectif 7 à nous s'est rapproprié un bâtiment industriel patrimonial, fragment de l'histoire populaire de Pointe-Saint-Charles, afin de le convertir en un lieu de rassemblement alternatif accessible et bouillonnant de projets et en espace de solidarité et de créativité. Le projet du Bâtiment 7 est animé des valeurs de justice sociale, d'autonomie, de respect, de démocratie, comprise dans son sens participatif, inclusif et horizontal. Ancré dans son milieu et ouvert sur le monde, il aspire à devenir un moteur de transformation culturelle, sociale, politique, économique et environnementale.

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Rédigé par Louise Mitchell

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Publié le 24 Octobre 2011

 Postface et notes de Christophe Horguelin. 2010. Lux éditeur. 9, 95 $. Montréal. Québec.

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« Ce texte a été lu à la télévision de radio Canada le 8 octobre 1970. » En pleine crise d’octobre  le gouvernement accepte cette condition pour obtenir la libération de l’attaché commercial James Richard Ross, enlevé à Montréal trois jours avant. Outre l’incroyable fait qu’un texte révolutionnaire de cet force puisse être lu, c’est l’histoire même du Front de Libération du Québec qui fait réfléchir. Ce mouvement aura appuyé des luttes dans tous le pays en dynamitant patrons et voitures, à défaut de détruire l’édifice social. Ce texte lu par Gaëtan Montreuil , « c’est le cadeau de Radio Canada à la subversion, le roi nu montré en gros plan et donné pour tel. » C’est aussi comme le rappelle Christophe Horguelin un formidable rappel des luttes et de leur articulation. Il ne faut pas penser que le FLQ parle de francophonie, non il exprime le point de vue de travailleurs, « de réels prolétaires » engagés dans la révolution et qui saluent les pêcheurs de la Gaspésie ou les mineurs de la Iron Ore et de Québec Cartier Mining. Un texte vivifiant 

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Rédigé par Louise Mitchell

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Publié le 21 Octobre 2011

Le procès des cinq. Lux éditeur, 2010. 12, 95 $. Québec. Montréal.couv-proces-des-cinq-site.jpg

 

Ce procès peu connu de ce côté de l’Atlantique est un modèle du genre. En 1970 sont arrêtes cinq militants du Front de Libération du Québec, après que James Richard Cross  attaché commercial de grande Bretagne et que Pierre Laporte, ministre du travail et de l’immigration soient enlevés. Le climat est insurrectionnel dans la belle province  et c’est pourquoi le Canada décide de promulguer la loi des mesures de guerre en envoyant l’armée sur Québec. Pierre Laporte est alors retrouvé mort  dans le coffre d’une voiture. Des milliers de citoyens sont arrêtés, perquisitionnés dans cette crise d’octobre. Les cinq meneurs présumés de cette sédition sont de brillants orateurs et vont dans le procès qui s’ouvre début 1971 renverser l’accusation en mettant en cause brillamment la couronne et le juge. Cet ouvrage délivre les minutes les plus passionnantes de ce procès politique et le lecteur se régalera avec les diatribes de Vallières et de Chartrand, en gardant en tête que « la gang des cinq » a vaincu et obtenu l’abandon des charges après avoir tenu tête à la couronne d’Angleterre.

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Rédigé par Louise Mitchell

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Publié le 14 Octobre 2011


Niché à l’angle du Parc Jeanne Mance et de l’avenue du Parc, un enclos qui contient deux bio réacteurs, attend les résidents des rues avoisinantes. Stéphanie Kulhanek travaille pour le Centre environnemental Tourne-sol, un organisme qui travaille avec la communauté pour l’installation de centres de compostages. Celui là en en est.

Trois grands cylindres de plastiques noirs habillés de couleur urbaine sont disposés pour accueillir les déchets ménagers de tous les adhérents qui acquittent une maigre somme pour l’année et peuvent ainsi déposer leurs déchets ménagers. «  La plupart des gens n’ont pas besoin de compost mais ils veulent valoriser leurs déchets » m’explique Stéphanie qui reçoit justement un vieux monsieur venu avec un maigre seau lesté de trois épluchures de poireaux. « On donne le compost, très abondant aux projets d’agriculture urbaine » Belle aubaine car 500 personnes participent à cette « cueillette à trois voies », qui nourrit  les bio réacteurs (des composteurs rotatifs à haute capacité). Les résidents sont libres de leur venue. C’est évidemment Ce lieu ouvert  trois fois dans la semaine est un lieu de rencontre supplémentaire dans la ville.

Dés qu’un adhérent arrive avec son seau, ces déchets sont pesés et mélangés à des copeaux de bois ou de la paille, puis une fois dans le bio réacteur qui monte à 70 degrés en tournant , les matières deviennent en trois semaines une matière terreuse noire. La rotation évite la fermentation et les mauvaises odeurs. Le terreau tiré vers un bout du bio réacteur finit sa course dans un bac de maturation où vers de terre et acariens achèvent leur travail.

Cette initiative qui palie au manque de places dans les appartements, est associé au programme d’éco quartier Mile End et le Plateau où un fort sentiment écologique domine. Tourne-sol, soutenue par l’Université Mac Gill, propose aussi des lombricomposteurs pour ceux qui souhaitent fabriquer un fertilisant vert chez eux. Elle traite aujourd’hui 40 tonnes de déchets par an.

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Rédigé par Louise Mitchell

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Publié le 14 Octobre 2011

En vert et contre tout.

 

Montréal se veut une ville écologique ; le congrés Eco-city s’y est déroulé pour parfaire l’idée de cette reconversion des villes industrielles en éco pôles. Toits verdissants, écologie urbaine, potagers suspendus et pistes cyclables, tout paraît concourir au mieux disant et à la qualité de vie. Mais une chose paraît oublié, les pauvres. Non pas qu’on ne leur propose pas de programmes de réinsertion dans des jardins cette fois biologiques mais que tout se décide encore pour eux, sans eux, et à leurs dépens parfois.

Ce qui saute au lieu dans le centre de la ville, c’est la profusion de vélos qui dégringolent du plateau. 3000 vélos quittent le plateau pour le centre ville entre 7h 30 et 9 heures. La société BIXI, développé par Rio Tinto Alcan, un important groupe minier, qui gère les vélos payants est encore déficitaire avec une stagnation à 40 000 membres , chiffre qui ferait rêver bien des villes françaises qui ne sont pas sous la neige durant quatre bons mois. Un vrai bonheur pour l’écologiste adepte du pédalier. Des pistes cyclables longent des friches industrielles d’un autre temps. On entend même un « Dégage de la piéton, Criss ! » si on met le pied sur une bande destinée aux vélos. Au siège de Vélo Québec, ce n’est pas sur l’habituelle tribu de militants associatifs tachés de cambouis qu’on tombe, mais sur une véritable pépinière d’entreprises créé autour du cycle : le magasin tenu par Jean Yves ressemble à une petite entreprise florissante au milieu de l’agence de voyage. Ce gérant d’une cafétéria associé à l’idée Vélo m’explique : « 17 % des montréalais utilisent le vélo, soit pour le travail, soit pour la randonnée, ce qui fait de Montréal la première ville cyclable d’Amérique du Nord. » Il relativise les progrès du cyclisme : La cohabitation entre cyclistes, piétons et automobilistes ne s’est pas faite en un jour et le gros char contre le petit vélo donne lieu à quelques algarades. Ceci étant,  on est habitué dans cette province à la tranquillité ». Ce qui n’empêche par le journal local de titrer « pédaler en zone de guerre » quand il parle de l’aménagement du boulevard Maisonneuve. Nulle référence à l’engagement canadien en Afghanistan, contre lequel s’était élevé notamment l’intellectuel Francis Dupui Gléri. Au Québec, l’écologie ne se mélange pas de trop avec le social.

Un autre exemple significatif est représenté par le milieu des militants écologistes, sincères, mais gérant avec force consensus leur rapport avec la nature et le milieu capitaliste. Les sentiers urbains sont un Organisme Sans But Lucratif, l’équivalent de nos associations, qui reconvertit des terrains vides urbains en jardins. L’intention est louable. Elle appartient à Pierre Denommé, un natif du Temiscaming. Sophie Pinard m’explique « qu’on prend les terrains pour les rendre naturels, on casse les ilots de chaleur » mais « Les terrains ne nous appartiennent pas ; ils vont être vendus pour faire des condos. » Sensibilisé à l’écologie, elle n’émet pas de réticence à la spéculation immobilière et l’OBNL à laquelle elle appartient, agit comme bien d’autres ici, profiter des failles pour sauvegarder quelques utopies et dans un souci de survie chercher des fonds auprès de fondations dirigées par de grandes entreprises.

C’est le cas de Santropol Roulant, la vitrine de l’écologie urbaine en centre ville. Seize ans d’existence pour cette « popote intergénérationnelle » roulante qui possède aussi un atelier vélo et un mandat : embaucher des jeunes. Leur travail : cuisiner des repas pour des clients âgés et les livrer en vélo le plus souvent. Tim Murphy, responsable du développement durable me montre le lombricomposteur à la cave et sur le toit les bacs conçus par l’ OSBL Alternatives pour faire pousser des plantes potagères. Pour travailler ici en étant salarié, il faut « de l’entregent et savoir organiser, aimer le travail communautaire. » Santropol n’est pas là pour faire du profit mais ce sont des fondations qui abondent à son budget. « Presque toute la viande est bio ou locale et nos repas coutent 4$ 50. » Armel,  franco- canadien de Bretagne gère la cuisine depuis 6 ans. Il est venu pour faire dans le social : « J’avais besoin de faire du bénévolat, je voulais faire du communautaire, m’occuper de mes voisins. » Les bénévoles qui préparent ce jour là le souper ont un autre profil que les jeunes qui pianotent sur leur ordinateurs dans la première salle. Marie Claire vit de l’aide sociale, soit 580$ et paye 25% de son revenu pour le loyer. « Je pourrais mettre ça dans mon cv «  affirme-elle en ralentissant la cadence pour l’épluchage. Elle continue de me raconter malgré les rappels au travail d’Armel, le chef cuisto. « Je travaille bénévolement trois heures par semaine ici. » Les bénévoles ne profitent pas des repas à Santropol. Pour Mary, « C’est mieux que de rester seule chez moi. C’est une opportunité de cuisiner sans sel » et sans salaire.

Anh Thu qui prépare un gâteau chocolat courgette est très souriante. Après un « burn out «  dans on travail de commerciale, elle a eu une mid-life crisis. Elle promotionnait la consommation à outrance et « aujourd’hui je remets en cause mes quinze dernières années. Ma vie était très stressante, dead line. »

Tim me raconte qu’il avait refusé un bailleur de fonds trop présent dans l’agroalimentaire. « Il y a des compagnies qui envoient leur personnel faire du bénévolat ici pour diminuer leur stress, ré-énergiser leur personnel. » Santropol Roulant demeure un organisme qui inclut la solidarité et les valeurs environnementales mais sans remettre en cause l’édifice social. « Avec nos paniers de légumes , nous avons un panier de solidarité à 10 dollars. » Mais quand les carottes sont cuites.

A L’UQAM, l’université des sciences de l’environnement, Eric Duchemin s’interroge sur l’agriculture urbaine : « Il faut sortir de l’idée que l’agriculture se fait dans un champ. » Ce chercheur a croisé les intérêts des acteurs de l’agriculture urbaine à Montréal en démontrant la multifonctionnalité des jardins ; il souligne le peu d’intérêt économique des jardiniers et horticulteurs dans une ville dite du nord, ou riche par apport aux villes du sud. Ici le groupe du CRAPAUD croasse devant les projets urbains d’agriculture souvent de taille modeste. Devant l’entrée de l’université des grosses bassines servent de terreau à de belles courgettes et des tomates qui lorgnent vers des pieds de basilic. C’est embryonnaire mais c’est accepté par l’université des sciences. « Montréal comptait 240 000 jardins ouvriers autrefois et moins de 9000 aujourd’hui. » continue Eric me citant les serres LUFA installés sur des toits industriels.

 Ici c’est  un projet commercial de 32 000 pieds carrés utilisant 140 000 litres d’eau récupérés en réservoir. Cette ferme est technologique car tout y est programmé par informatique. Cela dit son concepteur, Mohamed Hage y voit un véritable projet vert : « c’est du capitalisme responsable. » affirme-t-il. Le transport est minimalisé, l’occupation des sols absents, et sa situation sur toit permet au bâtiment de gagner sur le plan énergétique et au sol d ‘être chauffé. Sa PME a fidélisé 450 paniers qui sont cherchés par les abonnés. Pas de pesticides, de l’eau récupérée, des serres en polyculture, et un rendement énergétique valable. Ce projet inspiré  des ASC (Agriculture soutenue par la communauté.) n’ a pourtant qu’un but : faire des affaires. On est loin du fermier de famille, concept québécois proche de celui des Amaps.

 

 Sur le toit du palais des congrès où Eco city se réunit, on visite les différentes expériences de toits végétaux. Toute la surface n’est pas exploitée. Nous en sommes aux essais. On parle de dilation moindre grâce à la terre mais aussi de nouvelles normes à mettre en place pour supporter en sus de la terre, la neige. Le Canada n’en manque pas, au point où il faut chaque année stocker la neige dans des hangars à Montréal. Patrice Godin du Centre d’Ecologie Urbaine de Montréal se réjouit que le chef cuisinier de l’Intercontinental puisse venir faire sa récolte ici. Plusieurs techniques sont installées sur ce toit avec les noms de sociétés privées bien en vue et on attend un peu sur sa faim le côté social de ces jardins. Il arrive avec des plantes grimpantes dont la récolte ira au comité social. Ouf !

Devenir « la Mecque » de l’agriculture urbaine comme le précisait Gaëlle Janvier, serait un des objectif de la ville de Montréal.  La coordinatrice d’Alternatives pour les Jardins sur les toits m’indique qu’ici personne ne pense à squatter des terres, « personne n’est assez fou pour investir des graines et les perdre » ajoutant que la propriété est très importante ici ce qui explique qu’on demande  avant de planter. Pourtant des groupes comme Reclaim the fields ou des initiatives comme à Dijon de récupération de terres ne semblent pas si loin.

Ismaël Hautecoeur, initiateur des jardins sur les toits, travaillait pour Alternatives : « On utilisait les terrasses avec des ententes orales en 2004. » Tim Murphy du Santropol insiste sur la nécessité de se faire des alliés dans l’establishment. A croire qu’au Québec, toute une culture du consensus permet de faire avancer des projets. Vite dit, quand on sait que 30 000 homeless n’ont pas de lieu dans la ville et qu’un congrès international réfléchit à comment mettre de la terre sur les toits, la distorsion pose question comme le disait un participant à l’ultime conférence d’Eco-city. Cette dernière au quelle  presque plus personne ne participait, à part quelques Montréalais faisait le point sur l’articulation entre social et écologie.

L’exposition Carrot city présente nombre de projets où sont mêlés insertion sociale et business vert mais avec un coté décomplexé. Une maison productive à Pointe St Charles où la nourriture est le point central est un peu dur à avaler quand on écoute son promoteur, Rune Kongshaug : « Je ne crois plus aux subventions, je crois aux systèmes commerciaux. » Il ajoute montrant du doigt un clientélisme de pauvres: « Ceux qui vivent dans mon quartier ont peur que le quartier s’enrichisse. » Il promeut un standard commercialisé. « Je suis un entrepreneur social mais je veux garantir à l’investisseur un retour sur investissement. » La gentrification du quartier ne l ‘effraye pas. Ses logements appelles ici Condos pour condominiums ont été critiqué par les groupes communautaires comme par les écolos-libertaires de Pointe St Charles. Ils sont pourtant tout ce qu’il y a d’écolo : Chauffage géothermique, solaire passif et actif, ventilation croisée,  sauna orienté vers la serre etc…. Pour tout cela Rune a du déjouer bien des interdictions urbanistiques : « Les serres sur le toit sont démontables mais j’espère qu’on ne me demandera jamais de les démonter. » Assez vite certaines idées trop avancées ont été abandonnées : « J’avais prévu de récupérer les eaux grises avec un filtre en sable sur l’arrière mais je ne savais pas ou amener le dossier.

A Ecocity, Phylis Lambert conclut: « Le social et le privé peuvent faire des affaires ensemble. » Cela dit l’une des invités Winnie Frohn souligne que de 82 à 2004, les familles pauvres sont passés de 6000 dollars à 10 000 dollars tandis que les plus riches voltigeaient à 380 000 à 884 000. Une façon de relativiser dans une ville où le logement social représente 10 % du parc.

Montréal rêve toujours d’être une éco pole mais mieux encore, elle préfère qu’on le dise. Si certains efforts mettent cette mégalopole devant bien des villes en investissement vert et en sustainable development, les projets écologiques ne voient le jour qu’a condition de respecter le marché dans sa course au renouvellement. Une sorte d’obsolescence des vieilles idoles qui laisse la place à de nouveaux idéaux écologiques.

 

 

 

Lettre à ma sœur qui part en Afghanistan…

Appartements en copropriété très en vogue.

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Rédigé par Louise Mitchell

Publié dans #Montréal Story.

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Publié le 10 Octobre 2011

Milton Parc : La plus grande coopérative d’habitation d’Amérique du Nord est née à Montréal.

 

 

« Milton parc est le plus grand quartier rénové en Amérique du Nord. » : peut-on lire sur le site. Effectivement 600 unités de logement  social persistent contre vents et marées dans le centre de Montréal. Au Québec, les coopératives d'habitation gèrent 23 000 logements où habitent 50 000 personnes.

C’est en m’arrêtant sur une église transformée en appartements que je me suis demandé  si ce quartier était tout à fait comme les autres. Et puis Gaëlle Janvier dAlternatives m’a mis sur la piste. Leur siège social appartient à une coopérative d’habitation. Là-bas, Yasmina Moudda, ex-capitaine de Basket algérienne, encaisse les chèques pour l’OSBL en m’expliquant qu’elle a aussi logé à Milton Parc mais qu’elle a quitté son logement car elle n’en pouvait plus de faire des réunions. Le débat est à ce prix.

Pierre Duclos, le gérant salarié pour l’ensemble des coopératives m’accueille en me prévenant : « 2000 personnes me surveillent de prés. » Une fois cette mise en garde passée il raconte : « A la fin des années 60, nous sommes dans un quartier cosmopolite, prés de l’université Mc Gill avec une mixité entre anglophones et francophones. » Les ouvriers comptent pour beaucoup dans ces petites maisons Victoriennes malgré une présence accrue d’étudiants. « L’exposition universelle 67 arrive et les promoteurs vont leur entrée à l’hôtel de ville » continue-t-il. Leur projet est de créer des tours et un centre commercial qu’on appellerait La Cité, « vivre se divertir et travailler dans des tours ». Avec le système des compagnies à numéro, c’est à dire des sociétés anonymes, ils parviennent à racheter beaucoup de maisons. « Leur stratégie : les entretenir le moins possible, et ainsi les démolir en justifiant de leur vétusté. » Alors qu’ils commencent à démolir, une prise de conscience citoyenne émerge. Des marches et manifestations commencent, et des arrestations les suivent.

« Lorsque qu’éclate la crise d’octobre 70, Montréal a moins bonne réputation. » En effet, l’armée canadienne envahit le Québec sous le prétexte d’une insurrection séditieuse appréhendée. Le Front de Libération du Québec vit ses dernières heures. Les promoteurs font aussi faillite. Ils sont parvenus tout de même à construire deux tours de La Cité et un tronçon de centre commercial. « Reste cent cinquante maisons délabrées. Les citoyens reprennent du collier. » Des vigies font des gardes contre les incendies suspects lors de la grève des pompiers. On accuse les promoteurs. Dans cette lutte s’associeront des tempéraments différents, celui de Phyllis Lambert , héritière de la richissime famille Bronfman et le couple de gauche Roussopoulos et Kowaluk, son épouse. « Il faut dire que des éléments de conjoncture propices ont favorisé la victoire des résidentEs - un noyau militant composé de libertaires et de radicaux autour de Dimitri Roussopoulos qui a porté la bataille dans la rue, la présence de nombreux étudiants dans les logements, ceci dans une période de radicalisme politique, et enfin un lobbying efficace auprès des élites politiques via Phylis Lambert, » précise Marcel Sévigny un ancien conseiller municipal. Aujourd’hui liés dans l’IPAM (Institut des Politiques Alternatives de Montréal) qui s’oppose à la vision mercantile du grand Montréal, ils ont su s’associer pour préserver le quartier Milton. Mme Phyllis Lambert, architecte philanthrope, présente un intérêt pour l’héritage de Montréal : elle devient la marraine du quartier.

Une fois le projet écourté, les citoyens « sont allés taper des piasses à l’organisme des hypothèques pour créer des coopératives d’habitation. On cherche des logements à côté pour les gens dont l’habitation doit être refaite. » Le quartier est réinvesti. Marcel Sévigny raconte : « Ce mouvement a été très actif durant plusieurs années. Il a même mis sur pied un restaurant coopératif et autogéré qui n'existe plus, un centre social et culturel (Centre Strathearne) repris par la Ville suite à des problèmes de gestion, et le Centre d'écologie urbaine encore très actif et qui a organisé récemment le "congrès" Éco-cité. » Il reste néanmoins le YMCA qui offre à peu de frais une activité de formation pour les femmes qui comprend une initiation au bricolage (plomberie, électricité, menuiserie).

Après 40 ans d’effort, l’échangeur Pins Parc qui défigurait ce quartier central depuis 1959 a été démonté et une piste cyclable dessine un modeste parcours au cœur de la ville. C’est aussi contre ce projet que s’est insurgé Milton Park dés 1974. L’échangeur était un véritable carrefour de la mort et une source de nuisances en plein centre.

 

Aujourd’hui l’esprit coopératif s’est effrité. Pierre Duclos pense « qu’il faut sceller le destin de ce quartier pour que ça reste un bien commun. » La communauté Milton Parc est aujourd’hui un syndicat de copropriété dont les propriétaires sont des coopératives. Le militant libertaire Marcel Sevigny conclut : « Quelques unes des coopératives de Milton Parc ont été actives dans la mise sur pied de la fédération des coopératives à Montréal. Notre coopérative, Le Peuplier, (à Pointe Saint Charles) fut une des 14 coops fondatrice de la Fédération en 1983. Aujourd'hui il y en a près de 400. Mais tout ça s'est organisé durant la longue période de ressac du social des années 1980-90 qui fait que le militantisme coopératif a lui aussi été influencé par une perte de vitalité et des formes d'institutionnalisation bureaucratique. »

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Rédigé par Louise Mitchell

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